
Les joueuses de l’équipe féminine de rugby de Salon-de-Provence affirment avoir été filmées nues à leur insu dans les douches de leur club. Accusant certains membres de la section masculine d’être impliqués et leurs dirigeants d’avoir cherché à étouffer l’affaire, elles ont toutes décidé de quitter la formation salonnaise.
Selon leurs témoignages recueillis par ICI Provence, la vidéo aurait été tournée en décembre avant de circuler en interne. Les joueuses assurent n’avoir appris son existence qu’au mois de février. Une enquête a depuis été ouverte par le parquet.
Une vidéo découverte plusieurs mois après les faits présumés
Les rugbywomen expliquent avoir été alertées par des joueurs seniors affirmant avoir visionné les images. La vidéo aurait montré plusieurs membres de l’équipe féminine dans les douches.
Une joueuse, qui souhaite conserver son anonymat, raconte comment le groupe a découvert l’existence de cet enregistrement.
« Des joueurs séniors sont venus nous avertir qu’ils avaient vu une vidéo de nous, nues, sous la douche. »
Cette révélation aurait profondément affecté plusieurs joueuses. Certaines auraient fait des cauchemars et toutes disent avoir ressenti une forte humiliation.
À ce stade, ces faits restent au stade des accusations et aucune responsabilité pénale n’a encore été établie. L’enquête devra notamment déterminer si cette vidéo existe, dans quelles circonstances elle aurait été enregistrée et comment elle aurait circulé.
Des appels pour les dissuader de porter plainte
L’équipe féminine aurait rapidement décidé de se rendre dans un commissariat en s’appuyant notamment sur le témoignage d’une personne affirmant avoir vu la vidéo.
Les joueuses accusent cependant certains dirigeants et membres de la section masculine d’avoir tenté de les dissuader d’engager des démarches judiciaires.
L’une d’entre elles affirme avoir reçu des appels particulièrement insistants.
« On reçoit des appels qui nous intiment de ne pas porter plainte. Le club veut étouffer l’affaire. »
Selon leur récit, deux tentatives de dépôt de plainte auraient été refusées en raison de l’absence de la vidéo parmi les éléments immédiatement disponibles.
Une joueuse rapporte la réponse qui leur aurait été adressée.
« Comme on n’a pas la vidéo, on nous dit que ce n’est pas possible. »
Le groupe a alors décidé de saisir directement le procureur de la République. Une enquête a été ouverte le 30 mars afin de faire la lumière sur les faits dénoncés.
Toutes les joueuses ont quitté le club
Face à la situation et au soutien qu’elles jugent insuffisant de la part de leurs dirigeants, les joueuses seniors ont pris une décision collective : aucune ne poursuivra l’aventure au sein du club.
Elles estiment que leur départ est devenu nécessaire pour leur sécurité, mais regrettent de devoir abandonner la pratique de leur sport dans leur ville.
L’une des joueuses exprime toute son incompréhension face à cette situation.
« On n’a pas le droit de jouer notre passion là où on habite, parce que c’est trop risqué. Ce n’est pas juste, c’est triste. »
Les anciennes membres de l’équipe espèrent désormais que l’enquête permettra d’identifier d’éventuelles responsabilités et d’aboutir à des sanctions si les faits sont établis.
Elles assurent également avoir reçu d’autres témoignages depuis la révélation de l’affaire.
« Ce qui nous arrive, ce n’est pas un acte isolé. Plein de filles sont venues nous raconter qu’il leur est arrivé des choses. Il faut que justice soit faite, il faut les arrêter. »
Les joueuses ont sollicité l’aide du collectif Salon féministe afin d’être accompagnées dans leurs démarches et de maintenir l’attention autour de l’enquête.







