
Pour la première fois, la Ligue nationale de rugby a dévoilé le plafond salarial applicable à chacun des quatorze clubs du Top 14. Les chiffres font apparaître un écart spectaculaire entre plusieurs formations occitanes.
Le Stade Toulousain est autorisé à consacrer jusqu’à 13,8 millions d’euros à la rémunération de ses joueurs cette saison. Castres et Perpignan disposent d’un plafond fixé à 11,1 millions, comme le promu vannetais. La différence entre Toulouse et Castres atteint ainsi 2,7 millions d’euros.
Les internationaux font grimper le plafond de Toulouse
Tous les clubs partent pourtant d’une limite commune. Le salary-cap ne correspond pas à une somme versée par la Ligue, mais au montant maximal que chaque formation peut consacrer aux rémunérations de son effectif.
Des crédits supplémentaires sont ensuite accordés en fonction du nombre de joueurs sélectionnés avec le XV de France. Chaque international apporte actuellement 180 000 euros de marge à son club afin de compenser ses absences pendant les rassemblements des Bleus.
Toulouse a fourni quinze joueurs à l’équipe de France en 2025, soit près d’un tiers des internationaux issus du Top 14. Castres et Perpignan n’en ont fourni aucun. Cette différence explique l’essentiel de l’écart entre leurs plafonds.
Montpellier peut dépenser jusqu’à 11,46 millions d’euros. Derrière Toulouse apparaissent également Bordeaux-Bègles avec 12,72 millions et neuf internationaux, Toulon avec 12,18 millions, La Rochelle avec 12,16 millions et Pau avec 12 millions.
Un avantage concret sur le marché des transferts
Cette marge supplémentaire possède une véritable importance puisque la majorité des clubs se rapprochent fortement de leur plafond. Lors de la saison 2023-2024, cinq formations avaient utilisé 99 % de leur capacité et neuf avaient dépassé les 90 %.
Disposer de 2,7 millions d’euros supplémentaires permet donc à Toulouse de conserver davantage de joueurs internationaux ou de renforcer un effectif déjà très riche. Le mécanisme récompense les clubs fournissant le plus de joueurs au XV de France, mais il accentue aussi l’écart avec ceux qui comptent peu ou pas de Bleus.
Le Stade Toulousain reste néanmoins sous surveillance. Le quadruple champion de France a été condamné en appel à une amende de 2,725 millions d’euros pour des manquements au salary-cap lors des saisons 2021-2022 et 2022-2023. Le club a annoncé étudier les recours encore possibles.
La Ligue va plafonner le bonus
Le système évoluera dès la saison prochaine. Le crédit accordé au titre des internationaux sera plafonné à 1,575 million d’euros à partir de quatorze joueurs sélectionnés. Toulouse bénéficie actuellement d’environ 2,7 millions d’euros grâce à ce dispositif et devrait donc progressivement perdre une partie de cet avantage.
La baisse restera toutefois encadrée : un club ne pourra pas perdre plus de 300 000 euros de crédits internationaux d’une saison à l’autre. Le rééquilibrage devrait ainsi prendre plusieurs années.
Dans le même temps, le plafond commun augmentera de 100 000 euros par saison pour atteindre 11,3 millions d’euros en 2029-2030.







