
L’Union Bordeaux-Bègles s’était déplacée à Ernest-Wallon avec une équipe taillée pour rivaliser. Totalement dépassés durant la première période, les Girondins ont finalement subi une lourde défaite face au Stade Toulousain (41-12).
Yannick Bru n’avait pourtant effectué aucune gestion particulière. Matthieu Jalibert, Louis Bielle-Biarrey, Yoram Moefana et Romain Buros étaient titulaires, tandis que Maxime Lucu, Nicolas Depoortere et Boris Palu figuraient parmi les remplaçants. Sur le papier, l’UBB avait donc largement de quoi répondre au quadruple champion de France.
Yannick Bru avait clairement annoncé les intentions bordelaises
Avant la rencontre, le manager girondin avait assuré que son groupe avait été construit avec un seul objectif : obtenir une performance à Toulouse.
À ce stade de la saison, il n’était pas encore question de préserver les organismes.
« On n’est absolument pas dans une phase où les gars ont besoin de se régénérer. On a construit un groupe tourné vers la performance sans prendre en compte les problématiques de fatigue. »
Yannick Bru avait également profité de cette prise de parole pour répondre aux critiques régulièrement formulées lorsque l’UBB procède à de nombreuses rotations.
Le technicien refusait toute accusation de sélection volontairement affaiblie.
« Chaque fois que l’on fait des compositions différentes, on n’a jamais en tête de faire un pied de nez au diffuseur ou de ne pas jouer le jeu de la compétition. »
Cette fois, le problème ne se situait donc pas dans la composition. Il était sur le terrain.
Une illusion rapidement dissipée
Les premières minutes avaient pourtant laissé entrevoir une véritable opposition. Bordeaux avait conservé le ballon et Martin Page-Relo avait trouvé un remarquable 50-22. Cette entrée en matière prometteuse n’aura été qu’une illusion.
Toulouse a ensuite accéléré et l’UBB a immédiatement perdu pied. Dominés dans les impacts, débordés autour des zones de ruck et incapables de ralentir les sorties de balle adverses, les Bordelais ont subi le rythme imposé par Antoine Dupont et ses partenaires.
Kalvin Gourgues, Ange Capuozzo, Teddy Thomas et Julien Marchand ont exploité chaque espace et chaque erreur. À la pause, le tableau d’affichage indiquait déjà 35-0.
Les cadres bordelais ont multiplié les erreurs
La ligne arrière de l’UBB a traversé un véritable calvaire. Matthieu Jalibert a envoyé un coup d’envoi directement en ballon mort avant de tenter une relance très risquée. Romain Buros a enchaîné les approximations, avec notamment une glissade et une pénalité évitable qui a offert une excellente munition à Toulouse.
Le pack girondin n’a pas davantage répondu présent. La défense des ballons portés a été régulièrement transpercée et Julien Marchand a pu inscrire deux essais derrière des mauls parfaitement organisés. Maxime Lamothe, capitaine pour cette rencontre, a semblé bien seul pour tenter d’enrayer la domination toulousaine.
Un réveil tardif et insuffisant
L’UBB a montré un peu plus de caractère après la pause. Pablo Uberti puis Toma Taufa ont permis aux Girondins de débloquer leur compteur et de rendre la seconde période moins douloureuse.
Cette réaction n’a toutefois jamais remis en question la victoire bonifiée des Toulousains. Elle rappelle simplement que Bordeaux conserve suffisamment de talent pour réagir, même au cœur d’une rencontre complètement manquée.
Après les 64 points inscrits face au Racing 92, l’UBB vient de connaître l’exact opposé à Ernest-Wallon. Cette lourde défaite ne condamne évidemment pas sa saison après seulement deux journées. Mais elle dévoile brutalement tout ce qu’il reste à régler pour espérer rivaliser avec Toulouse lorsque les Rouge et Noir évoluent à un tel niveau.






