
Chaque semaine, Midi Olympique permet à ses lecteurs de prendre la parole sur un sujet qui leur tient à cœur. Cette fois, Roland de Lussy a livré une charge particulièrement sévère contre le rugby professionnel.
Lecteur du journal depuis 56 ans, il annonce vouloir interrompre son abonnement. Il critique la place de l’argent, la disparition des clubs historiques, la puissance physique devenue prépondérante et la composition des effectifs. Voici l’intégralité de son coup de gueule.
« Le professionnalisme a tué le rugby que j’aimais »
Roland commence par expliquer pourquoi il a décidé de ne plus lire Midi Olympique, tout en précisant que le journal n’est pas responsable de son départ.
« Eh bien voilà : cinquante-six ans de lecture ininterrompue de Midi Olympique et j’arrête… Votre journal n’est pas en cause. Non, c’est le rugby actuel qui a fini par me dégoûter. Si le jeu est redevenu plaisant, quoique stéréotypé, planifié, sans la liberté de jeu des années 1980, et basé avant tout sur la force physique et ces percussions que j’abhorre, c’est tout le reste qui me débecte. »
Le lecteur regrette ensuite le rugby incarné autrefois par Lourdes, Quillan, La Voulte, Graulhet ou encore Tyrosse.
« Le professionnalisme a tué le rugby que j’aimais, le rugby poète, celui qui permettait à un Lourdes, un Quillan, un La Voulte d’être champion de France, à un Graulhet de jouer les empêcheurs de gagner en rond, à un Tyrosse de régaler. Celui qui valorisait la formation et le travail, qui permettait à de nombreux clubs de rêver du titre, qui voyait la plupart conserver leurs joueurs pendant toute leur carrière ; qui faisait s’opposer des équipes de quinze joueurs et non vingt-trois, ce qui est à l’opposé de l’esprit du rugby. »
« Sa majesté Fric »
Roland s’attaque ensuite aux écarts financiers séparant les formations historiques des clubs les plus puissants du Top 14.
« Je hais ces championnats du XXIe siècle dont les résultats sont presque uniquement dépendants de sa majesté Fric. Comment veut-on qu’un Agen ou un Biarritz, avec leur budget de 10 millions d’euros qui les aurait classés au top dans les années 2000, puissent faire le poids vis-à-vis du monstre toulousain et ses 60 millions ou n’importe quel club de Top 14 qui nage dans un amas de plus de 25 millions ? Le Pro D2 ne sert plus que de réservoir formateur pour les clubs riches… »
Les joueurs étrangers et les changements de clubs critiqués
Le fidèle supporter regrette également la proportion de joueurs étrangers et les mouvements permanents entre les équipes.
« Et puis, que dire de la composition des équipes, à presque toujours plus de 50 % formées de joueurs étrangers, du bal incessant de ces joueurs entre les clubs, qu’ils disent à chaque fois, le cœur sur la main, avoir choisi parce que le “projet de jeu” les a séduits. […] »
Un rugby devenu trop physique
Roland termine en dénonçant les conséquences du rugby moderne sur la santé des joueurs avant d’annoncer qu’il suivra encore le XV de France.
« Et que dire enfin de ce jeu de musclors qui bousille les joueurs et en fait des candidats à la démence… juvénile ? Je vais continuer à m’intéresser au rugby mais seulement l’équipe de France, avec admiration pour Jalibert et Bielle-Biarrey, voire d’autres doués. »







