
Avec seulement 45 secondes pour tenter une transformation ou une pénalité, chaque détail compte désormais en Top 14. Montpellier a donc poussé l’adaptation particulièrement loin : deux tees peuvent être disponibles autour du terrain et un « buteur de secours » est même désigné pour intervenir immédiatement en cas de problème avec le numéro 1.
Cette nouvelle organisation vise à supprimer au maximum les secondes perdues avant la tentative. Mais elle montre aussi les limites de la règle actuelle : le chronomètre se déclenche dès que l’essai est marqué, alors que certains événements échappent totalement au contrôle du buteur.
Montpellier place un tee de chaque côté
Domingo Miotti avait envisagé de modifier sa propre routine pour gagner du temps. Jérémy Valls, consultant jeu au pied et skills au MHR, lui a plutôt conseillé de conserver ses habitudes et de faire évoluer l’organisation autour de lui.
Le staff montpelliérain a notamment décidé de disposer d’un deuxième tee comme il est expliqué pour L’équipe :
« J’en ai parlé avec Domingo Miotti (le buteur de Montpellier) qui m’a dit qu’il voulait changer de routine. Moi je lui ai dit que non, qu’il fallait qu’on s’organise absolument pour lui amener rapidement le tee. On a décidé que le kiné, qui est de l’autre côté du terrain, aurait aussi un tee pour les transformations de l’autre côté du banc. »
Une solution qui n’est toutefois pas forcément applicable partout. Le Palois Axel Desperes rappelle que le tee peut avoir une importance très personnelle pour un buteur.
À Pau, la possibilité d’en disposer de plusieurs a également été étudiée :
« On s’est posé la question d’avoir un entraîneur avec un tee disponible de chaque côté du terrain, mais chaque joueur a un peu un rapport superstitieux avec son tee. »
Auguste Cadot désigné « buteur de secours »
Montpellier a poussé sa réflexion encore plus loin. Le staff veut pouvoir réagir même si son buteur principal rencontre un problème juste après un essai.
Un deuxième joueur doit donc être immédiatement disponible pour prendre le relais. Lors de la première journée contre Pau, ce rôle avait été confié à Auguste Cadot.
Jérémy Valls détaille le fonctionnement de ce « buteur de secours » :
« Au cas où le numéro 1 aurait un petit souci. Contre Pau (19-27, 1re journée), c’était Auguste Cadot. Il avait un tee de prêt et jetait un coup d’oeil à chaque essai pour être sûr que c’était ok pour Domingo (Miotti). Sur une pénalité, c’est moins embêtant car si le buteur est blessé, on va en touche ou on prend la mêlée. Mais sur une transformation, tu n’as pas le choix, il faut un mec prêt au cas où et être ultra-réactif. »
« Le buteur aura dix secondes »
Malgré toutes ces adaptations, Jérémy Valls considère que le fonctionnement actuel du chronomètre peut placer les buteurs dans des situations extrêmement compliquées.
Sa proposition serait de ne plus lancer les 45 secondes dès que le ballon est aplati. Il imagine plutôt un chrono encore plus court, mais déclenché uniquement lorsque le joueur est effectivement en mesure de commencer sa préparation.
Pour Valls, 30 secondes de routine réelle seraient plus équitables que 45 secondes déclenchées dès l’essai :
« Pour moi, la meilleure solution serait d’arrêter le chrono quand le marqueur aplatit et de lancer trente secondes quand le buteur est en place et commence sa routine. Là, il y a trop d’aléas que tu ne contrôles pas qui peuvent te faire perdre du temps. On va avoir des scénarios où le buteur aura dix secondes et sera en danger en termes de temps. »
Pour le moment, le fonctionnement reste inchangé : le chronomètre commence à tourner dès que l’essai est marqué.







