
Après avoir arraché une précieuse victoire sur la pelouse de Vannes, le Stade-Toulousain retrouve son public avec la réception de Montpellier. Kalvin Gourgues ne cache pas les imperfections du début de saison et se prépare notamment à un sérieux défi face à la puissance du MHR.
Toulouse a cette fois réussi à faire basculer une rencontre indécise de son côté. Battus à La Rochelle sur une pénalité en toute fin de match, les Toulousains ont connu un nouveau scénario particulièrement serré à Vannes, avec une issue cette fois favorable.
Gourgues reconnaît les difficultés rencontrées à Vannes
Le jeune centre ne veut cependant pas que les quatre points ramenés de Bretagne masquent les lacunes affichées par son équipe. Il s’est confié dans les colonnes de Midi Olympique.
« Il y a eu une forme de relâchement lors de la première journée à La Rochelle, où on perd en fin du match sur une pénalité qui nous crucifie. Samedi, on a gagné mais le match n’a pas été parfait. Il y a beaucoup de choses qu’on doit bosser, sur lesquelles on n’a vraiment pas été en alerte. Les Bretons étaient en forme, nous ont super bien accueillis et ont joué à 150 %. On l’a ressenti d’entrée. »
Malgré une première demi-heure compliquée, le champion de France a finalement réussi à reprendre le contrôle de la rencontre. Et dans la course aux six premières places, Gourgues mesure l’importance de ce genre de succès loin de Toulouse.
Il retient donc avant tout les quatre points obtenus à l’extérieur.
« Le Top 14 est très long et, pour faire partie des six premiers, il faut gagner beaucoup de matchs à l’extérieur, tout en assurant à domicile. Donc, ces quatre points à Vannes sont très bons à prendre, contre une belle équipe. On avait conscience qu’elle pouvait être redoutable, surtout chez elle. On s’attendait à un gros combat, on n’a pas bien abordé le match sur les trente premières minutes, mais on est content d’avoir redressé la barre et d’avoir pu nous maintenir à flot pour ensuite décrocher cette victoire. On va s’en contenter. »
Reste un problème à régler : Toulouse vient de disputer deux rencontres à l’extérieur dont le sort s’est décidé dans les derniers instants.
Gourgues aimerait désormais éviter ces scénarios à quitte ou double.
« On va travailler pour ne plus avoir à vivre ce genre de fin de match un peu stressante où ça se joue à « 50-50 ». Cela fait déjà deux fois à l’extérieur où ça finit comme ça. Il y a eu une victoire et une défaite… Maintenant, il faut qu’on le corrige si on veut des bonnes nouvelles quand on se déplace. »
« Il ne faut pas se rater » à domicile
La réception de Montpellier fait désormais basculer Toulouse vers une autre priorité : continuer à faire le plein à domicile.
Gourgues insiste sur l’importance de ne pas abandonner de points devant son public.
« Oui, c’est clair. On a pu le voir l’an dernier. Je pense aux joueurs de l’UBB parce qu’on en parle. S’ils ont fini huitièmes de la phase régulière, c’est sûrement parce qu’ils ont perdu quelques matchs chez eux. Cela montre à quel point c’est important de vraiment assurer à domicile, devant notre public. On cherche aussi à régaler nos supporters, nos familles, nos amis. Il ne faut pas se rater. »
Le bilan comptable aurait même pu être meilleur selon lui.
Avec cinq points pris en deux déplacements, le Toulousain conserve quelques regrets.
« On a pris cinq points en deux déplacements. C’est bien mais on aurait pu en prendre huit… Ça, c’est un peu frustrant. On peut même se dire le bonus était possible à Vannes si on va chercher le dernier essai à la fin. Maintenant, ce sera à nous de continuer à engranger au maximum à l’extérieur et à assurer à la maison, à commencer par ce week-end contre Montpellier. Ce sera une très grosse réception. »
Cette affiche possède d’ailleurs une saveur particulière puisqu’elle constitue un remake de la dernière finale de Top 14. Mais Gourgues connaît finalement assez peu cet adversaire.
Sa seule confrontation de la saison passée avec Montpellier avait justement eu lieu en finale.
« C’est assez étonnant parce que, sur les trois matchs qu’on a joués contre Montpellier l’an dernier, je n’en ai disputé qu’un. C’était la finale, en étant remplaçant et en ne rentrant pas longtemps. Ce n’est donc pas une équipe que j’ai l’habitude d’affronter et je ne connais pas trop les joueurs. Si j’en suis, ça va être un assez gros challenge de m’y confronter. »
Une situation qu’il aborde avec enthousiasme.
« C’est plutôt sympa de découvrir un nouveau plan de jeu, de nouveaux mecs à affronter. J’espère qu’on va réussir à remettre la même envie et le même état d’esprit que contre Bordeaux pour essayer de faire plaisir à notre public et, nous aussi, prendre du plaisir sur le terrain. »
« Ils ont quelques bombes au centre »
Gourgues sait néanmoins ce qui attend Toulouse. Montpellier avait terminé la saison précédente avec une défense particulièrement performante et possède plusieurs arguments dans le combat.
Le centre toulousain refuse surtout de réduire le MHR à sa puissance.
« Oui, les Montpelliérains ont fini avec la meilleure défense l’an dernier. C’est une équipe très forte sur ses fondamentaux, à savoir la conquête ou le combat, mais qui développe de plus en plus de jeu derrière depuis l’an dernier. Elle est dangereuse un peu partout, et il va falloir s’en méfier. On va bien travailler cette semaine pour chercher ses failles ou ses faiblesses. »
Et c’est au centre du terrain que le duel pourrait être particulièrement musclé. Gourgues connaît notamment Auguste Cadot pour avoir partagé la tournée estivale avec lui. Il évoque également Justo Piccardo et Lennox Anyanwu.
Face à la densité montpelliéraine, Gourgues s’attend à trouver de sacrés clients sur sa route.
« On ne se focalise pas trop sur l’individu en général. On regarde surtout le côté collectif de chaque équipe. Après, sur le plan personnel, on surveille forcément son vis-à-vis. J’ai eu le plaisir de faire la tournée cet été avec Auguste (Cadot) et de découvrir la personne, de voir comment il joue. Je l’avais déjà observé mais partager des séances d’entraînement, c’est toujours différent sur l’analyse. Il s’est malheureusement blessé. Il y a aussi Justo Piccardo, qui est un peu le même que « Santi Choco » (Santiago Chocobares, NDLR) chez nous. Ce sont deux taureaux (sourire), très forts physiquement. Ils arrivent à jouer derrière eux, à créer des brèches. Puis, je pense à Lennox Anyanwu. Il a fait un très bon match contre Perpignan, c’est un sacré client. Bref, ils ont quelques bombes au centre, mais c’est toujours un plaisir de se confronter à ce genre d’adversité. Cela permet d’engendrer de l’expérience. Je ne sais pas quelles seront les compositions mais il y aura un beau défi au centre du terrain. »







