
Le XV de France retrouvera l’Afrique du Sud le 13 novembre au Stade de France, avec la possibilité d’un deuxième affrontement quelques semaines plus tard lors des finales du Championnat des nations à Londres. Invité du Canal Rugby Club, Fabien Galthié a longuement décortiqué cette équipe double championne du monde en titre. Expérience, calendrier, méthode Rassie Erasmus, puissance : le sélectionneur Français mesure l’ampleur du défi, mais assure que les Bleus rêvent précisément de ce genre de rendez-vous.
Les dernières confrontations suffisent à mesurer l’ampleur du défi.
L’Afrique du Sud s’était imposée 32-17 au Stade de France l’an dernier. Surtout, les Springboks avaient éliminé les Bleus en quart de finale de la Coupe du monde 2023 au terme d’un match irrespirable (29-28).
Le 13 novembre prochain, les deux nations vont remettre ça à Saint-Denis.
Galthié : « Cette génération est déjà deux fois championne du monde »
Fabien Galthié ne cache pas son admiration pour la génération actuellement dirigée par Rassie Erasmus.
Le sélectionneur commence par rappeler l’impressionnant palmarès accumulé par les Springboks :
« Cette génération, elle est déjà deux fois championne du monde, elle a gagné tous les derniers quatre nations, elle a gagné sa tournée face aux Lions, elle a battu les All Blacks sur la dernière tournée. »
Au-delà des résultats, Galthié insiste sur une différence fondamentale entre les environnements Français et Sud-Africain : la manière dont le calendrier des internationaux est organisé.
Les Springboks bénéficient selon lui d’un fonctionnement entièrement tourné vers la sélection :
« C’est une génération exceptionnelle qui a un agenda, un calendrier uniquement dédié au rugby international. Il dure six mois avec 12 à 13 matchs et le reste du temps, ils se préparent avec un sélectionneur qui réussit énormément. »
« Il en a fait cette équipe qui domine le monde »
Rassie Erasmus occupe évidemment une place centrale dans cette réussite.
Galthié rappelle dans quelle situation se trouvait l’Afrique du Sud lorsque le technicien a pris les commandes.
À ses yeux, la transformation réalisée depuis 2018 est considérable :
« Il les a pris en 2018 alors qu’ils étaient en difficulté et il en a fait cette équipe qui domine le monde comme peu d’équipes dans le rugby mondial l’ont dominé. »
Le sélectionneur Français place même cette période de domination dans une perspective historique.
« Il y a eu les All Blacks sur la période 2011-2015 peut-être, et si on remonte il y a eu quelques grandes nations. Sur les titres de champions du monde, il y a eu quatre fois l’Afrique du Sud, trois fois les All Blacks, deux fois l’Australie et une fois une nation du Nord, l’Angleterre en 2003. »
« Là où je ferais bien de m’inspirer, c’est pour la Coupe du monde »
Interrogé sur ce qu’il pourrait emprunter à la méthode de Rassie Erasmus, Galthié a d’abord répondu avec humour.
Le sélectionneur des Bleus sait évidemment quel résultat il aimerait reproduire :
« Là où je ferais bien de m’inspirer, c’est pour la Coupe du monde. »
Derrière la boutade, il insiste surtout sur l’expérience collective hors normes accumulée par les Sud-Africains.
« Sur la dernière compétition, ils ont 31 ans de moyenne d’âge, ils dépassent 50 sélections et ont trois Coupes du monde pour une grande majorité d’entre eux. Une expérience folle, une expérience collective folle, une expérience individuelle folle. C’est quand même le pays du rugby, cela a toujours été une grande nation du rugby. »
Erasmus a assumé son rugby jusqu’au bout
Le jeu Sud-Africain ne fait pas toujours l’unanimité.
Mais Galthié retient surtout la capacité d’Erasmus à résister aux critiques et à ne pas renoncer à ce qui constitue, selon lui, l’identité et la force de son équipe.
Le sélectionneur Français résume cette philosophie de manière particulièrement imagée :
« Rassie, je pense qu’il a assumé un style de jeu. Il y avait un débat en Afrique du Sud sur le fait de jouer plus, il a dit non, non, on continue de faire ce qui est notre force. »
Et Galthié détaille alors le programme imposé aux adversaires des Springboks.
« On va détruire nos adversaires en mêlée, détruire les adversaires en touche, détruire les adversaires sur le défi physique et il tient ce cap. »
« Il n’y a pas d’espace en l’air, pas d’espace au sol »
Les difficultés ne se limitent pas à affronter la puissance du paquet d’avants.
Pour Galthié, les Springboks parviennent à fermer quasiment toutes les zones dans lesquelles leurs adversaires pourraient habituellement chercher de l’espace.
Il décrit une équipe qui impose en permanence un rapport de force :
« Quand on joue contre eux, il n’y a pas d’espace en l’air, pas d’espace au sol et il y a du combat tout le temps. »
Les Bleus savent parfaitement ce que cela implique.
Les deux dernières confrontations se sont terminées par deux victoires Sud-Africaines, dont cette élimination d’un point lors du Mondial 2023.
« Il n’y a rien de plus beau que de combattre les meilleurs »
Pour autant, Galthié refuse d’aborder ces retrouvailles avec appréhension.
Le sélectionneur veut construire la meilleure équipe de France possible pour aller directement se mesurer à la référence mondiale :
« Ils nous ont bien battus l’an dernier, ils nous ont battus en quart de finale, mais notre ambition, c’est de chercher à faire la meilleure équipe de France possible. »
Et c’est précisément parce que l’obstacle est immense que le rendez-vous l’enthousiasme.
« Quand on est à ce niveau-là, on n’a qu’une envie, c’est défier les meilleurs. On adore préparer ces matchs, on sait que ça va être un défi immense, à venir et dans le futur. »
Galthié considère même ces confrontations comme l’essence du très haut niveau :
« Mais il n’y a rien de plus beau que de combattre les meilleurs. C’est un privilège de pouvoir affronter l’Afrique du Sud en novembre et dans le futur. »







