
Léo Coly avait attendu ce moment pendant plus d’un an. Mais ses grands débuts avec Bayonne ont tourné au cauchemar en seulement quelques minutes face à Toulon, avec une blessure aux ischio-jambiers qui l’a immédiatement renvoyé à l’infirmerie. Désormais rétabli, le demi de mêlée veut considérer cette 5e journée comme le véritable début de son aventure Bayonnaise. Une aventure dans laquelle il a déjà pris une place importante, au point de se voir confier le capitanat et d’être prêt à dépanner en 9, en 10 et même à l’aile.
Difficile d’imaginer des débuts plus frustrants.
Après avoir longtemps attendu avant de pouvoir porter le maillot Bayonnais en compétition, Léo Coly avait forcément imaginé à de nombreuses reprises le scénario de sa première apparition.
Mais certainement pas celui qui s’est produit face à Toulon.
« J’avais imaginé 300 scénarios possibles »
Quelques minutes seulement après le début de la rencontre, le demi de mêlée s’est retrouvé stoppé par une blessure aux ischio-jambiers.
Un scénario presque inimaginable pour un joueur qui attendait avec impatience de pouvoir enfin lancer son aventure avec son nouveau club.
Pour Ici Pays Basque, Coly reconnaît avoir envisagé à peu près toutes les possibilités avant cette première… sauf celle de voir son match s’arrêter aussi rapidement.
« J’avais imaginé 300 scénarios possibles, mais absolument pas celui-là. »
Avec le recul, le demi de mêlée parvient même à plaisanter sur cette mésaventure. À ses yeux, il n’existait quasiment qu’une seule façon de connaître des débuts encore plus catastrophiques : se blesser directement en sortant du tunnel.
Sa blessure est intervenue sur un geste inhabituel, avec un mouvement très ample de la jambe. Coly s’est lui-même interrogé sur cette action qu’il n’effectue normalement jamais et sur l’excitation qui accompagnait forcément ses premières minutes.
Mais sur le moment, difficile de relativiser.
« C’était pareil, sauf que je ne me réveillais pas »
L’image employée par Léo Coly résume parfaitement son état d’esprit après sa sortie.
Il avait tellement attendu cette première que la réalité lui paraissait presque irréelle.
Le demi de mêlée compare ces quelques minutes à l’un de ces mauvais rêves dont on espère simplement sortir en ouvrant les yeux.
« La sensation que j’ai eue, c’est comme quand vous faites un cauchemar la nuit et que vous vous réveillez en vous disant : “Ouf, c’est un cauchemar.” Ben là c’était pareil, sauf que je ne me réveillais pas ! »
Quelques semaines plus tard, la situation a heureusement bien changé.
Coly est désormais rétabli et peut enfin envisager de véritablement commencer sa saison.
Et plutôt que de continuer à ruminer ce départ manqué, il préfère repartir de zéro.
La 5e journée devient ainsi, à ses yeux, le véritable point de départ de son aventure.
« Je ne pouvais pas démarrer pire, mais maintenant on est à la J5, je commence ma saison maintenant. C’est peut-être un signe du destin, il fallait que je commence à la J5. »
Une reprise sans précipitation
Son retour n’a pas été accéléré pour répondre à une urgence sportive.
La cicatrisation s’est simplement déroulée plus rapidement qu’initialement envisagé et le feu vert médical lui permet désormais de retrouver la compétition.
La dernière étape a notamment consisté à effectuer un travail athlétique afin de récupérer suffisamment de condition physique et de vitesse avant de reprendre.
Coly ne laisse désormais plus vraiment de doute sur son état.
« Je serai prêt à jouer samedi. »
Une excellente nouvelle pour Bayonne, d’autant que son importance dans le groupe ne se limite déjà plus à son seul statut de demi de mêlée.
Déjà capitaine malgré son arrivée
Léo Coly a rapidement été amené à endosser des responsabilités importantes.
Malgré son arrivée récente, le demi de mêlée s’est notamment vu confier le capitanat.
Une décision qui ne venait évidemment pas de lui.
« Ce n’est pas ma décision. »
Mais Coly ne fuit pas cette responsabilité.
Depuis son arrivée, il a cherché à assimiler rapidement le fonctionnement du groupe et le système de jeu afin de pouvoir devenir une véritable voix sur le terrain.
À ses yeux, cette dimension est presque indissociable du poste de numéro 9. Le demi de mêlée doit être capable de guider, transmettre les bonnes informations et prendre sa part dans la conduite collective.
Les absences de plusieurs leaders en début de saison ont également créé un besoin supplémentaire.
Coly a senti qu’il devait prendre davantage de place et assumer ce rôle.
Même lorsqu’il était blessé, il n’a d’ailleurs pas coupé avec le groupe. Il a continué à échanger avec le staff et les leaders et à travailler sur l’analyse des adversaires ainsi que sur les pistes d’amélioration de l’équipe.
Un hommage appuyé à Baptiste Tilloles
Durant son absence, un autre demi de mêlée a dû énormément donner pour permettre à Bayonne de traverser les premières journées.
Léo Coly n’oublie pas le travail effectué par Baptiste Tilloles.
Il souligne notamment l’enchaînement particulièrement exigeant assumé par son coéquipier.
« Il a tenu la baraque pendant ces quatre journées en jouant 80 minutes le week-end. »
Un investissement d’autant plus important que les attentes étaient élevées.
Le retour de Coly doit désormais apporter une solution supplémentaire et permettre de redistribuer davantage les rôles.
Mais le nouvel arrivant ne compte pas nécessairement se limiter à son poste naturel.
« Que l’on me mette en 9, en 10 ou même à l’aile »
Avec l’évolution des règles concernant les remplacements, la polyvalence peut devenir un atout encore plus précieux.
Léo Coly a ainsi été interrogé sur sa capacité à couvrir notamment le poste d’ouvreur.
Pour lui, la réponse est très simple : peu importe le numéro inscrit dans son dos tant qu’il peut être sur la pelouse.
Après plusieurs semaines passées à regarder ses partenaires, Coly se dit même prêt à dépanner à l’aile si les circonstances l’exigent.
« Je suis heureux dès que je suis sur le terrain ! Que l’on me mette en 9, en 10 ou s’il faut dépanner en 10 ou même à l’aile dix minutes parce que l’on ne peut plus faire de changements, je le fais avec grand plaisir. Tant que je joue, je suis content. »
Après avoir vu ses débuts s’arrêter presque immédiatement, difficile de trouver déclaration plus révélatrice de son état d’esprit.







