
La délocalisation de Montpellier – Toulon à La Mosson n’est que la partie visible d’un problème beaucoup plus profond. Quelques semaines auparavant, la LNR avait estimé que la pelouse du Septeo Stadium présentait « un risque élevé pour la sécurité des acteurs du jeu ».
Le terrain va désormais être entièrement remis à neuf pendant trois semaines, avec l’objectif d’accueillir Castres le 31 octobre. En coulisses, le dossier menace surtout de raviver les tensions entre le MHR et la Métropole.
Le problème ne date pas de cette semaine.
Dès la réception de Pau, le 5 septembre, l’état de la pelouse Montpelliéraine avait suscité de fortes inquiétudes. Mêlées et regroupements provoquaient des crevasses et arrachaient des morceaux du terrain.
Joan Caudullo n’avait d’ailleurs pas caché son inquiétude.
Le manager du MHR avait employé un terme particulièrement clair pour qualifier la situation.
« Catastrophique. J’espère qu’on ne finira pas à Béziers. »
Montpellier n’ira finalement pas à Béziers pour recevoir Toulon, mais devra tout de même abandonner temporairement son stade pour La Mosson.
La LNR évoquait « un risque élevé pour la sécurité »
Avant la réception de Perpignan du 19 septembre, la situation était devenue suffisamment préoccupante pour qu’une expertise soit réalisée à la demande de la Ligue.
Le résultat avait donné lieu à une situation pour le moins étonnante.
Dans un communiqué publié le 16 septembre, la Métropole reprenait les observations de la LNR, laquelle estimait que « ce terrain, en l’état, présente un risque élevé pour la sécurité des acteurs du jeu ».
Pour autant, la rencontre contre l’USAP n’avait pas été interdite.
La Métropole expliquait alors la décision de maintenir le match.
« Bien que dans ses observations la LNR estime que « ce terrain, en l’état, présente un risque élevé pour la sécurité des acteurs du jeu », la LNR n’interdit pas la tenue de ce match puisqu’elle ne juge pas le terrain impraticable. »
La rencontre s’était donc déroulée normalement et Montpellier s’était largement imposé 50-13.
Mais malgré les efforts effectués pour entretenir le terrain, la pelouse n’avait pas suffisamment résisté.
La décision de délocaliser la réception suivante contre Toulon s’est alors imposée.
Trois semaines pour refaire entièrement la pelouse
Cette fois, une intervention beaucoup plus importante est programmée.
Le MHR et la Métropole ont acté une remise à neuf de la pelouse, financée par cette dernière.
Les travaux doivent commencer dès lundi et durer environ trois semaines.
Le calendrier offre une fenêtre particulièrement favorable puisque Montpellier ne doit pas évoluer au Septeo Stadium avant la réception de Castres, programmée le 31 octobre.
L’objectif est donc clair : disposer d’une nouvelle pelouse à temps pour accueillir le CO.
Mais Joan Caudullo préfère manifestement attendre avant de considérer le problème comme définitivement réglé.
« Je ne suis pas jardinier »
Le manager Montpelliérain ne souhaite pas s’aventurer sur les raisons techniques expliquant les problèmes rencontrés par le terrain.
Il se contente d’une attente très simple : pouvoir retrouver son stade contre Castres.
« Mon rôle, ce n’est pas de faire des conclusions. Je ne suis pas jardinier. En tout cas, on m’a dit que la pelouse serait prête pour Castres et j’espère que ce sera le cas. »
Une prudence compréhensible puisque la pelouse actuelle avait elle-même été changée durant l’été 2025.
Un peu plus d’un an plus tard, elle doit donc déjà être remise à neuf.
Des tensions beaucoup plus larges autour du Septeo Stadium
Derrière la question du terrain se trouve également un dossier particulièrement sensible entre le MHR et la Métropole de Montpellier, propriétaire de l’enceinte.
Les relations s’étaient déjà fortement détériorées en 2025 après les précédentes délocalisations.
À l’époque, Mohed Altrad avait notamment menacé de faire jouer durablement son équipe à Béziers et avait dénoncé l’état des installations du Septeo Stadium.
Cette fois, les tensions restent davantage cantonnées aux coulisses.
Selon les éléments rapportés, le MHR reprocherait à la Métropole un entretien insuffisant de l’enceinte au-delà même de la pelouse, avec notamment des ascenseurs régulièrement en panne, des sanitaires en mauvais état ou encore des travaux jugés insuffisants.
De son côté, toujours selon ces mêmes éléments, la Métropole soupçonnerait le club et son président de laisser la situation se dégrader afin de renforcer leur argumentaire autour d’une éventuelle vente du stade.
Il s’agit à ce stade de reproches et de soupçons rapportés en coulisses, et non de faits établis par les deux parties.
La réussite des travaux programmés pendant les trois prochaines semaines prend donc une importance qui dépasse largement la simple qualité du terrain.
Si Montpellier peut retrouver normalement le Septeo Stadium contre Castres le 31 octobre, la situation pourrait s’apaiser. Dans le cas contraire, un dossier déjà particulièrement tendu entre le MHR et la Métropole risquerait de connaître un nouvel épisode.







