
Présent aux côtés de Federico Martín Aramburú lorsque son meilleur ami a été tué, Shaun Hegarty reste profondément marqué par le drame.
Après les trois semaines de procès, il s’est longuement confié à Sud Ouest sur cette question qui ne le quittera probablement jamais : pourquoi Federico est-il mort ce jour-là alors que lui a survécu ?
Le procès était attendu depuis des années. Il a permis à Shaun Hegarty et aux proches de Federico Martín Aramburú d’entendre la justice se prononcer sur le drame qui a bouleversé leur existence.
Mais aucune décision judiciaire ne peut apporter toutes les réponses.
Pour Shaun Hegarty, une interrogation demeure notamment impossible à résoudre.
« Pourquoi lui est parti et pourquoi je suis toujours là »
Présent au moment du drame, Hegarty s’est longtemps demandé pourquoi son meilleur ami avait perdu la vie et pas lui.
Le procès n’a pas fait disparaître cette question.
Il sait désormais qu’ils ont croisé la route de personnes qu’il considère comme dangereuses, mais cela ne répond pas à l’interrogation la plus intime qui demeure depuis la mort de son ami.
« Non. Je me poserai toujours la question. Pourquoi lui est parti et pourquoi je suis toujours là. La vraie réponse que j’ai eue, c’est qu’on est tombés sur des gens qui étaient dangereux, c’est une certitude. Maria et la maman de Fede l’ont dit : c’est tombé sur lui, ça aurait pu tomber sur moi mais ça aurait pu tomber sur n’importe qui. »
Une part d’incompréhension avec laquelle il doit désormais vivre.
Car au-delà de la procédure judiciaire et du verdict, Shaun Hegarty conserve également en lui le souvenir des derniers instants de son meilleur ami.
Une image qu’il ne veut pas oublier
Federico Martín Aramburú est mort dans ses bras.
Une scène particulièrement douloureuse, mais que Shaun Hegarty ne cherche pourtant pas à chasser de sa mémoire.
Pour lui, aussi terrible soit-elle, cette image appartient désormais à son histoire.
« Je ne cherche pas à l’oublier parce qu’elle fait partie de moi. Je ne pourrai pas l’oublier. Et ça serait… »
Shaun Hegarty ne termine alors pas sa phrase.
Il reprend ensuite pour expliquer la manière dont il tente de vivre avec ce souvenir.
Il considère que les épreuves les plus difficiles participent également à la construction d’une personne.
« En fait, il faut garder les moments difficiles en tête parce que ça nous construit. Ça fait qui on est. »
« Il faut l’accepter »
La question n’est donc plus réellement d’oublier, mais d’apprendre à continuer à vivre avec ce qui s’est passé.
Lorsqu’on lui demande comment il est possible de se protéger après avoir vécu un tel traumatisme, Shaun Hegarty ne prétend pas avoir trouvé de recette.
Son chemin passe avant tout par l’acceptation et par le soutien de ceux qui l’entourent.
« Je ne sais pas. En fait, il faut l’accepter. J’ai été très bien entouré. Maintenant, il faut avancer. »
Le procès a constitué une étape importante de ce chemin. Mais certaines questions, elles, resteront probablement sans réponse.







