
La victoire bonifiée décrochée par La Rochelle sur la pelouse du LOU (28-16) a particulièrement satisfait Ronan O’Gara. Pas forcément en raison du contenu proposé par son équipe, que le manager Irlandais juge encore très perfectible, mais pour l’état d’esprit affiché par ses joueurs. Une prestation qui pourrait surtout rebattre les cartes dans un effectif où la concurrence va devenir féroce.
Les Rochelais ont réussi à transférer sur le terrain le travail effectué pendant la semaine. Pour Ronan O’Gara, ce constat constitue déjà une avancée importante.
« L’état d’esprit était fantastique »
Le technicien Rochelais ne s’emballe pourtant pas concernant la qualité du rugby produit. Son immense satisfaction se situe ailleurs comme il l’explique dans Sud-Ouest.
O’Gara a surtout apprécié l’intensité et l’investissement de son groupe :
« Oui, on a commencé très fort. C’est peut-être la première fois que l’on a fait une bonne semaine avec un transfert [en match]. Ça a commencé mardi, jeudi, c’était clair où l’on lançait le ballon, ce qu’on faisait en touche. Après, ça s’est retrouvé dans les autres domaines, avec une performance efficace. C’était très moyen en termes de contenu mais l’état d’esprit était fantastique. »
Cette victoire à l’extérieur permet également au Stade Rochelais de renforcer sa confiance. Mais O’Gara pense déjà aux conséquences que cette performance pourrait avoir sur les joueurs qui n’étaient pas présents à Lyon.
Le manager voit notamment une occasion de faire monter la concurrence :
« On a gagné un peu de crédibilité, ce soir. Ça va donner beaucoup de confiance au groupe, et surtout aux joueurs hors groupe. Ça m’intéresse beaucoup aussi d’avoir cette concurrence. C’est un nouveau groupe et je pense que j’ai pris un peu trop de temps pour comprendre comment faire passer le message. On ne peut pas compter sur l’état d’esprit comme étant un fondement de notre sport, c’est quelque chose qu’on doit chercher. C’est une journée pour l’état d’esprit et la fraternité entre les joueurs. »
O’Gara prévoit au moins six changements chaque semaine
Six joueurs présents lors de la victoire contre Clermont n’étaient pas de celle obtenue à Lyon. Et ce renouvellement important pourrait devenir une habitude.
Ronan O’Gara estime que la densité du Top 14 oblige son staff à utiliser pleinement son effectif s’il souhaite rester compétitif jusqu’aux échéances décisives.
Le message est très clair : les places vont énormément tourner.
« C’est brutal, le Top 14. Je pense qu’on va avoir en moyenne au minimum six changements par semaine. Si on veut être là à la fin de la saison, je pense que c’est une bonne idée d’avoir cette rotation. Quand tu joues, tu joues bien, c’est top. »
Et La Rochelle a justement démontré à Lyon qu’elle pouvait gagner sans plusieurs de ses cadres.
« Antoine Hastoy est devenu fort »
Will Skelton, Grégory Alldritt ou encore Nolann Le Garrec étaient absents. Cela n’a pas empêché d’autres joueurs de prendre leurs responsabilités.
O’Gara a particulièrement apprécié les leaders qui ont émergé :
« On n’avait pas Will, Greg ou “NLG” aujourd’hui mais Dillyn est peut-être le plus grand leader, bien aidé par Oscar, “Nini”, Jules Favre, Paul Boudehent. Et Antoine, qui est capable de ne pas laisser une ou deux erreurs entrer dans sa tête. Il est devenu fort, ça me plaît beaucoup. »
Un compliment appuyé pour Antoine Hastoy, dont la capacité à évacuer ses erreurs semble particulièrement satisfaire son manager.
« Valentin, c’est un crack »
O’Gara a également été impressionné par Valentin Bouju. À seulement 18 ans, le jeune Rochelais a notamment beaucoup échangé avec Antoine Hastoy durant la rencontre.
Et son manager ne cache pas son enthousiasme.
Le technicien Irlandais est bluffé par la sérénité du jeune joueur :
« Oui, mais Valentin aussi, c’est un crack. Il est très intéressant pour un joueur de 18 ans. Vous imaginez ? Il a cette sérénité qui est fantastique. »
Entre les cadres laissés hors du groupe et les jeunes qui saisissent leur chance, Ronan O’Gara dispose désormais exactement de ce qu’il recherchait : une concurrence susceptible de pousser l’ensemble de son effectif vers le haut.







