
L’Aviron Bayonnais a sérieusement bousculé le Stade Toulousain avant de finalement s’incliner 45-34 à Ernest-Wallon. Malgré la défaite, Léo Coly retient l’état d’esprit et l’ambition offensive affichés par son équipe.
Mais le demi de mêlée refuse de se satisfaire de simples passages réussis : selon lui, Bayonne doit désormais parvenir à reproduire son meilleur rugby pendant 80 minutes pour véritablement rivaliser avec les formations du haut du tableau.
Les Bayonnais ont longtemps regardé le leader Toulousain dans les yeux. Mais au bout de la soirée, ils sont repartis sans le moindre point.
Un scénario forcément frustrant pour Léo Coly.
« On n’est pas encore au niveau du Stade Toulousain »
Le demi de mêlée préfère donc retenir les deux visages de la prestation Bayonnaise.
Il apprécie l’état d’esprit affiché, mais identifie également plusieurs secteurs qui ont empêché son équipe de transformer son excellente entame en résultat.
Coly estime dans L’équipe que certains détails séparent encore l’Aviron des meilleures formations :
« Il y a deux façons de voir les choses : soit le verre à moitié vide, soit le verre à moitié plein. On peut être fier de notre état d’esprit sur cette partie, mais il y a forcément des choses qui n’ont pas fonctionné, comme notre discipline ou notre défense sur les ballons portés. On est frustrés parce qu’on sent qu’on est dans la bataille mais qu’il y a des détails qui font qu’aujourd’hui on n’est pas encore au niveau du Stade Toulousain et des équipes qui luttent en haut du tableau, même si on est très proches. »
« Des mecs qui ont faim de rugby, qui puent le rugby »
Sur le potentiel offensif de sa nouvelle équipe, en revanche, Léo Coly ne cache pas son enthousiasme.
Depuis son arrivée à Bayonne, le demi de mêlée se dit impressionné par la qualité des joueurs qui l’entourent, citant notamment Sireli Maqala et Tom Spring.
Il décrit une équipe construite pour jouer et déplacer les défenses :
« Oui, mais depuis que je suis arrivé, je suis impressionné par le niveau offensif de mon équipe. Il y a beaucoup de joueurs de ballons, de mecs qui ont faim de rugby, qui puent le rugby, et des facteurs X comme Sireli (Maqala) ou Tom (Spring) qui peuvent faire d’énormes différences sur les actions. Quand t’es stimulé par des mecs comme ça derrière, tu n’as qu’une seule envie, c’est de t’envoyer. »
Cette philosophie offensive explique en partie pourquoi l’Aviron a réussi à poser autant de problèmes à Toulouse.
« Sur le contenu purement rugby, je ne suis donc pas étonné par ce qu’on a fait à Toulouse. Il y a une philosophie dans ce club qui est de mettre de la vitesse. On sait qu’on n’est pas les plus costauds, mais on sait qu’on peut déplacer les défenses. Il faut continuer à essayer d’avoir des ballons rapides, à faire la guerre dans les rucks, à gagner les collisions devant, c’est ce qui permet aux trois-quarts de se mettre en lumière. En première période, on a été très efficaces dans le jeu au près, en gérant très bien cette transition avants-trois-quarts. »
Comment Bayonne a réussi à perforer Toulouse
La recette utilisée à Ernest-Wallon était finalement assez claire : accélérer le jeu et ne pas avoir peur de déplacer le ballon.
Coly souligne également le travail considérable effectué par ses avants :
« En essayant de mettre beaucoup de vitesse, de déplacements. On n’a pas eu peur de jouer les ballons, de se faire des passes et de chercher des espaces. On a été efficaces en première période là-dessus. Les gros ont fait un gros travail dans les rucks pour nous permettre d’avoir de la vitesse et de négocier des ballons rapides. »
Reste désormais à maintenir ce niveau beaucoup plus longtemps.
« On est capables de très, très bonnes choses, mais capables de faire n’importe quoi aussi »
C’est précisément ici que Léo Coly situe le principal problème actuel de l’Aviron.
Bayonne possède des séquences de très haut niveau, mais pas encore la régularité nécessaire sur l’intégralité d’une rencontre.
Le demi de mêlée utilise une formule particulièrement parlante :
« Je ne peux pas le mettre tout en haut parce qu’on perd et qu’on ne prend pas de points. Je pourrais prendre des petits bouts de match ici ou là, à la limite. C’est d’ailleurs notre mal actuel, on manque de consistance sur quatre-vingts minutes. On est capable de très, très bonnes choses, mais capables de faire n’importe quoi aussi. C’est un peu les montagnes russes. Le match référence, on ne l’a pas encore. On a juste des bouts de match référence. »
Bayonne 5ème, mais Coly refuse de s’enflammer
Malgré la défaite, l’Aviron occupe la 5ème place du Top 14 après six journées.
Une position satisfaisante, mais qui ne provoque aucune euphorie chez Léo Coly. Le demi de mêlée se souvient que Bayonne avait déjà réussi un bon début de championnat la saison précédente avant de finalement terminer 12ème.
Il appelle donc à conserver beaucoup de recul avant de basculer vers le Challenge européen :
« Oui, c’est sûr que comptablement, c’est intéressant. Après, c’est encore très tôt dans le Championnat, on voit que ça peut aller très vite dans les deux sens. La saison dernière, c’était pareil, on était dans le top 6 au même stade de la saison, et on sait tous comment ça a fini. Maintenant, on a week-end de Challenge face aux Cheetahs de Bloemfontein, dimanche prochain, à Jean-Dauger, qui va peut-être nous permettre de mettre d’autres choses en place. C’est une compétition que les joueurs ont envie de jouer, que le club a envie de jouer aussi. On a hâte de basculer là-dessus avant de repartir sur 3 autres journées de Top 14 avant les vacances. »







