
À quelques heures de l’entrée en lice du Stade Français en Champions Cup, Paul Gustard n’a pas caché ses réserves sur l’organisation de la compétition européenne. Alors que les Parisiens doivent se déplacer samedi sur la pelouse des Bulls de Pretoria, le manager anglais estime que le calendrier complique considérablement la préparation des clubs français.
Il s’est également exprimé sur la puissance des effectifs de Toulouse et Bordeaux-Bègles, ainsi que sur le lancement du jeune deuxième ligne sud-africain Jacques Botha.
Le Stade Français débute sa campagne européenne par un déplacement particulièrement exigeant en Afrique du Sud.
Face aux Bulls de Pretoria, les Parisiens devront gérer les contraintes sportives, mais également les conséquences d’un long voyage, au milieu d’un calendrier déjà chargé en Top 14.
Paul Gustard regrette l’ancienne formule de la Champions Cup
Interrogé par Midi Olympique sur le prestige de la compétition et sur son évolution, Paul Gustard a surtout insisté sur les difficultés provoquées par son organisation actuelle.
Le manager parisien déplore un calendrier qu’il juge déséquilibré entre les différents championnats :
« Je pense que le format est difficile et confus, car nous jouons un match coincé entre six, puis trois nouveaux matchs de Top 14. Nous devons voyager jusqu’en Afrique du Sud, faire le trajet retour, puis nous préparer à nouveau pour le championnat après un long voyage. Les équipes françaises ont déjà joué six journées de championnat, alors que les équipes anglaises et de l’URC n’en ont joué que trois. Nous rejouons ensuite le dernier week-end de novembre, mais nos adversaires ont le mois de novembre libre. Personnellement, je préférais la formule avec des poules plus petites et des matchs aller-retour. »
Une critique qui porte notamment sur les différences de rythme entre les formations françaises et leurs adversaires européens.
Toulouse et Bordeaux disposent d’un avantage considérable
Paul Gustard estime également que la profondeur des effectifs joue un rôle déterminant dans la réussite des grandes équipes européennes.
Pour lui, Toulouse et Bordeaux-Bègles possèdent des ressources qui leur permettent de rester compétitifs simultanément en championnat et en Champions Cup.
Le technicien prend notamment l’exemple de l’impressionnant réservoir de joueurs du Stade Toulousain :
« La profondeur d’effectif est tellement importante pour être compétitif sur les deux fronts. Sur un match, n’importe quelle équipe peut en battre une autre, mais sur l’ensemble d’une saison, il faut de la profondeur d’effectif, d’autant plus que le Top 14 compte huit matchs de championnat de plus que l’URC et la Premiership. À cet égard, des équipes comme Toulouse et l’UBB ont des effectifs tellement incroyables qu’elles peuvent faire tourner les joueurs entre le Top 14 et la Champions Cup. Par exemple, Toulouse peut sans doute se vanter d’avoir quatre arrières internationaux de premier plan titularisables dans son effectif, ce qui est tout simplement impressionnant : Ramos pour la France, Capuozzo pour l’Italie, Kinghorn pour l’Écosse et Mallía pour l’Argentine. »
Jacques Botha lancé face aux Bulls
Pour cette première rencontre européenne, Paul Gustard a décidé de donner leur chance à plusieurs jeunes joueurs, dont Jacques Botha.
Présent au centre de formation parisien depuis deux ans, le deuxième ligne sud-africain va découvrir la Champions Cup dans son pays natal.
Certains observateurs voient déjà en lui un potentiel comparable à celui d’Emmanuel Meafou ou de Will Skelton. Une comparaison que son manager juge prématurée.
Paul Gustard préfère insister sur les qualités humaines et la marge de progression de son jeune joueur :
« C’est un jeune joueur avec un excellent état d’esprit. Il est trop tôt, trop précipité et injuste de le comparer à deux internationaux déjà bien établis comme Meafou et Skelton. Il a encore beaucoup à apprendre et à développer. Mais il a un grand désir de s’améliorer et d’écouter, ce qui est essentiel s’il veut progresser comme nous le pensons capable. »
Le manager parisien souligne également la dimension particulière de cette première expérience européenne :
« Il est enthousiaste, comme beaucoup de jeunes qui ont l’opportunité de jouer. C’est un lieu historique chargé d’histoire. C’est donc un privilège d’être ici. Il le sait. »
Concernant les ambitions du Stade Français dans cette compétition, Paul Gustard préfère avancer progressivement.
Le technicien fixe un premier objectif clair à ses joueurs :
« Gagner le prochain match. Après cela, le premier objectif est de sortir de la phase qualificative. Et toujours gagner le match suivant. »







