
Montpellier a frappé un grand coup pour son entrée en Champions Cup. Vainqueur sur la pelouse de Bath (14-32), demi-finaliste de la précédente édition, le MHR a livré une prestation particulièrement convaincante, notamment dans le combat et en défense.
Une performance qui satisfait pleinement Joan Caudullo, lequel estime que son équipe vient de franchir un cap dans sa capacité à rivaliser avec les meilleures formations européennes.
Le succès montpelliérain ne doit rien au hasard. Malgré une entame difficile, les Héraultais ont progressivement pris le contrôle de la rencontre en imposant leur puissance et leur organisation défensive.
Face à une équipe anglaise réputée pour son efficacité offensive, Montpellier a notamment réussi à ne pas encaisser le moindre point en seconde période.
« On n’est pas surpris par notre performance »
Joan Caudullo ne cache pas sa satisfaction après cette victoire à l’extérieur. Mais contrairement à ceux qui pourraient parler d’exploit inattendu, le manager montpelliérain assure que son groupe s’était déplacé en Angleterre avec la ferme intention de gagner.
Le staff avait identifié Bath comme une formation appartenant au cercle des meilleures équipes européennes, au même titre que Toulouse, Bordeaux-Bègles ou Northampton.
Caudullo estime surtout que son équipe a gagné en restant fidèle à son identité.
« On savait que l’on se déplaçait sur la pelouse d’une équipe du même niveau que Bordeaux, Toulouse, Northampton. Nous avions préparé ce match pour le gagner. On n’est pas surpris par notre performance mais je pense qu’on a surpris. Ce qui est d’autant plus positif, c’est que l’on a gagné sur notre ADN, sur ce qui fait notre force, même si notre début de match a été très compliqué. L’équipe n’a rien lâché et elle s’en est sortie. »
Une bataille gagnée dans les rucks
L’une des grandes satisfactions du staff montpelliérain concerne le travail effectué dans les zones de combat.
Le MHR a particulièrement perturbé les sorties de balle anglaises, un secteur pourtant considéré comme l’un des points forts de Bath.
Cette domination avait été soigneusement préparée durant la semaine, notamment en étudiant les habitudes de l’arbitre.
Joan Caudullo révèle également que le choix d’un banc composé de six avants et deux trois-quarts a joué un rôle important.
« On avait analysé l’arbitre de la rencontre et vu qu’il sifflait beaucoup les rucks offensifs. Nous avions vraiment travaillé sur le fait de contester ces rucks, d’autant que Bath est très bon sur ce secteur. On a gagné cette guerre-là avec, pour la première fois de la saison, un 6-2, qui nous a apporté un second souffle. »
« On peut commencer à parler du fait qu’on peut être craints »
Au-delà de la victoire, c’est surtout la prestation défensive qui pourrait marquer un tournant dans la saison montpelliéraine.
En empêchant Bath de marquer le moindre point après la pause, les Héraultais ont démontré leur capacité à imposer leur propre rythme face à une équipe particulièrement offensive.
Joan Caudullo souhaitait éviter une rencontre débridée et privilégier un affrontement plus fermé, davantage adapté aux qualités de son groupe.
Le manager considère désormais que Montpellier peut retrouver une réputation d’équipe particulièrement difficile à affronter.
« On est très contents de cette performance face à une équipe qui était, je crois, la meilleure attaque du championnat la saison dernière et qui met 50 points par match. On avait à cœur de jouer notre jeu plutôt que le leur, c’est-à-dire de ne pas faire un score de basket, plutôt de foot. Ce pari est réussi. Je dis souvent qu’on est une équipe dure mais on n’était pas encore craints comme on a pu l’être la saison dernière. Je pense qu’avec ce match, on peut commencer à parler du fait qu’on peut être craints. »
Montpellier veut marquer l’histoire du club
Ce succès pourrait également modifier les ambitions européennes du MHR.
Alors que le club n’a jamais dépassé les quarts de finale de Champions Cup, Joan Caudullo souhaite désormais voir son équipe s’installer durablement dans la compétition.
Avec seulement quatre rencontres lors de la phase de poules, chaque résultat peut peser lourd dans la course à la qualification.
Commencer par une victoire bonifiée à l’extérieur constitue donc un avantage précieux.
Caudullo ne cache pas que ce résultat nourrit de nouvelles ambitions.
« C’est ce qu’on s’est dit : on a vingt-six matchs en Top 14 mais il n’y en a que quatre en Champions Cup. Ça va très très vite. Gagner à l’extérieur le premier match était important. De manière plus globale, on veut marquer l’histoire du club. En Champions Cup, notre meilleur résultat reste un quart de finale. On a envie de faire ces phases finales. Même s’il reste encore trois journées, nous avons un peu plus d’ambition après ce match. »







