
La victoire bonifiée du Stade Rochelais face aux Lions (31-14) est passée au second plan, samedi soir. Au lendemain du décès tragique du deuxième ligne sud-africain Hyron Andrews, Paul Boudehent a livré un témoignage particulièrement émouvant au micro de beIN Sports.
Le troisième ligne international français a raconté les difficultés rencontrées pour préparer cette rencontre et l’atmosphère inhabituelle qui a entouré les deux équipes.
Il est des rencontres qui marquent une carrière bien au-delà du résultat sportif. Celle disputée samedi à Marcel-Deflandre restera longtemps dans les mémoires des joueurs rochelais et sud-africains.
La disparition d’Hyron Andrews, survenue seulement vingt-quatre heures auparavant, a bouleversé les deux formations. Dans ces circonstances exceptionnelles, le rugby est devenu presque secondaire.
« Il n’y a rien de plus grave que ce qui s’est passé »
Habituellement concentré sur la performance et les exigences du haut niveau, Paul Boudehent a reconnu avoir été profondément déstabilisé par cette tragédie.
Le troisième ligne rochelais a notamment évoqué une expression fréquemment utilisée dans le sport pour relativiser une blessure ou une contre-performance. Des mots qui ont pris une signification particulièrement douloureuse après la disparition du joueur des Lions.
Au micro de beIN Sports, l’international français a expliqué combien il avait été difficile d’aborder cette rencontre.
« On a tendance à relativiser en disant, c’est cru ce que je vais dire mais, « ça va, personne n’est mort », pour parler de blessures ou ce genre de choses. Et en fait, aujourd’hui, c’est vraiment arrivé. Il n’y a rien de plus grave que ce qui s’est passé. C’était un match très compliqué. Déjà nous dans notre position à préparer, alors eux (les Lions, n.d.l.r.), je n’imagine même pas. Je pense que personne n’avait d’expérience à ce niveau-là. On ne savait pas trop comment faire, comment l’appréhender. Ça s’est passé comme ça s’est passé. »
Un moment de solidarité que Boudehent n’oubliera jamais
Malgré l’intensité de la compétition, les deux équipes ont fait preuve d’un profond respect tout au long de la rencontre.
Pour Boudehent, cette solidarité constitue l’un des souvenirs les plus marquants de la soirée.
Au-delà des hommages rendus sur la pelouse, les joueurs des deux formations avaient également prévu de se retrouver dans les vestiaires après le match pour partager un moment ensemble.
Une initiative qui illustre, selon le Rochelais, les valeurs humaines du rugby dans les circonstances les plus difficiles.
Le troisième ligne est convaincu que cette soirée restera gravée dans les mémoires, même longtemps après la fin de sa carrière.
« Honnêtement, c’est bizarre de dire ça, mais j’ai senti qu’il y avait du respect dans les deux camps. On savait que c’était un match spécial. Je pense que des matchs comme ça, même à la fin de notre carrière, on va s’en rappeler. L’enjeu, je pense que ça allait bien au-delà de la Champions Cup. On va partager un moment tous ensemble, tranquille, entre nous, entre les deux équipes dans le vestiaire. Je crois que ça fait partie des moments qui sont bien plus importants que le rugby. »
Sur le plan sportif, le Stade Rochelais a décroché une victoire bonifiée grâce notamment à un dernier essai inscrit par sa récente recrue Avakuki Niusalelekitoga, arrivée de Soyaux-Angoulême.
Un succès qui permet aux Maritimes de lancer idéalement leur campagne européenne, même si, pour Paul Boudehent et ses partenaires, l’essentiel était ailleurs ce samedi soir.







