
Salmaan Moerat imaginait certainement des débuts très différents avec le Stade Rochelais. Samedi, lors de la victoire contre les Lions en Champions Cup (31-14), le deuxième ligne sud-africain a enfin disputé ses premières minutes sous ses nouvelles couleurs.
Mais cette rencontre restera surtout marquée par la disparition d’Hyron Andrews, décédé la veille à l’hôtel de la formation sud-africaine sur l’île de Ré. Un joueur que Moerat connaissait personnellement.
Après plusieurs mois d’absence en raison d’un problème aux cervicales, Salmaan Moerat a effectué ses premiers pas avec La Rochelle en entrant en jeu à la mi-temps.
À 28 ans, l’international sud-africain aux onze sélections a montré des qualités intéressantes dans le combat, avec plusieurs charges puissantes et des interventions défensives remarquées.
Mais dans un contexte aussi douloureux, sa performance sportive est rapidement passée au second plan.
« Ils ont montré tellement de courage »
La décision des Lions de disputer cette rencontre malgré le décès de leur coéquipier a profondément marqué Salmaan Moerat.
Le deuxième ligne rochelais mesure la difficulté de jouer un match de rugby quelques heures seulement après une telle disparition.
Il a tenu à saluer la force mentale de ses compatriotes.
« Je ne peux qu’imaginer à quel point ç’a été difficile pour eux, ils ont montré tellement de courage pour venir jouer. »
Dès vendredi, lorsqu’il a appris la terrible nouvelle, Moerat avait souhaité se rendre auprès de la délégation sud-africaine. Accompagné de Dillyn Leyds, David Kriel, Ronan O’Gara et du directeur général Pierre Venayre, il s’était déplacé à l’hôtel des Lions pour témoigner de son soutien.
Un geste de solidarité d’autant plus important que les Sud-Africains doivent poursuivre leur séjour européen.
« Nous leur avons dit quelques mots. Les Lions ont encore deux semaines à passer en Europe. C’est très délicat pour eux. Je leur souhaite le meilleur. »
Les Lions doivent notamment affronter Édimbourg et Glasgow en United Rugby Championship avant leur retour en Afrique du Sud.
« On était fiers l’un de l’autre »
Pour Salmaan Moerat, la disparition d’Hyron Andrews possède également une dimension personnelle.
Les deux joueurs avaient eu l’occasion d’évoluer ensemble dans l’environnement de la sélection sud-africaine, avant de poursuivre leurs carrières respectives.
Originaires de la région du Cap, ils avaient conservé une relation chaleureuse et prenaient régulièrement le temps d’échanger lorsqu’ils se retrouvaient sur les terrains.
Moerat a évoqué avec émotion le souvenir qu’il gardera du deuxième ligne disparu à seulement 31 ans.
« On échangeait toujours quelques mots après les matches. Il venait de la région du Cap, comme moi. On était fier l’un de l’autre. C’était un magnifique gentleman. »
Une première apparition sous le maillot rochelais que Salmaan Moerat n’oubliera pas, tant les circonstances humaines ont dépassé l’enjeu sportif de cette rencontre européenne.







