
Quatre défaites consécutives, dont deux à domicile, et une défense qui encaisse en moyenne 35 points par rencontre en Top 14 : le LOU traverse une période particulièrement délicate.
Avant un déplacement important à Bayonne, Karim Ghezal a décidé de regarder les difficultés de son équipe en face.
Le manager lyonnais a réuni ses leaders pour tenter de retrouver une cohésion collective et annonce une évolution du jeu, avec davantage de pragmatisme, de discipline et de solidité défensive.
La défaite à domicile contre les Sharks en Challenge Cup a prolongé la mauvaise série lyonnaise. Si la situation comptable du LOU reste encore maîtrisable, l’enchaînement des revers commence à inquiéter.
Karim Ghezal refuse pourtant de céder à la panique. Pour lui, la priorité consiste à identifier les dysfonctionnements et à obtenir une réponse collective avant une série de six rencontres qui pourrait peser lourd sur la suite de la saison.
« Il faut se regarder en face et ne pas se chercher d’excuses »
Le manager lyonnais assume pleinement la gravité de la situation. Après quatre revers consécutifs, il a notamment échangé avec les cadres du vestiaire afin de définir une ligne de conduite commune.
Karim Ghezal explique dans Midi Olympique pourquoi ces discussions étaient devenues nécessaires :
« Pas secoué… Mais il fallait de la lucidité et de l’honnêteté. C’est comme si dans un match, on prenait deux essais avant la mi-temps et qu’on se disait qu’on avait bien défendu… On vient d’enchaîner quatre défaites, dont deux à la maison. Dans ce contexte, la première des choses à faire, c’est de se regarder en face et de ne pas se chercher d’excuses.
Ce travail-là est mis en place depuis trois mois. Après quatre défaites, c’est important de pouvoir discuter avec les leaders de l’alignement qu’on doit avoir lors du bloc qui arrive, qui est hyper important. On travaille sincèrement. Il faut qu’on soit alignés avec un objectif commun pour que le groupe — staff, joueurs et club dans son entité — passe cette période. »
Cette volonté de rassembler les joueurs s’appuie notamment sur le capitaine Antoine Deliance, soutenu par plusieurs cadres comme Baptiste Couilloud, Mickaël Guillard, Guillaume Marchand, Théo Millet, Paddy Jackson et Sam Simmonds.
L’objectif n’est pas seulement de retrouver des résultats, mais aussi de modifier la manière dont Lyon aborde ses rencontres.
Le technicien insiste sur la nécessité de faire évoluer le rugby proposé :
« Le premier ingrédient, c’est déjà de s’aligner. Les leaders ont parlé derrière leur capitaine Antoine Deliance, dont je suis très content qu’il rassemble tout le monde. Les autres leaders (Baptiste Couilloud, Mickaël Guillard, Guillaume Marchand, Théo Millet, Paddy Jackson, Sam Simmonds) sont derrière lui et ensemble, on travaille main dans la main pour passer cette période.
Sur les six matchs avant la trêve, on va voir si tout ce travail paye, et ça va commencer par un beau combat à Bayonne. Ça fait aussi partie du rugby de savoir si on est capable de passer d’un rugby où on marque huit essais au Racing à un rugby plus pragmatique, plus efficace et plus adapté à la période. »
Une défense qui encaisse 35 points par match
L’un des principaux problèmes identifiés concerne la défense lyonnaise.
Avec une moyenne d’environ 35 points encaissés par rencontre en Top 14, le LOU peine à contenir ses adversaires. Une fragilité qui s’explique, selon Ghezal, davantage par des erreurs individuelles et des défauts de coordination que par un manque d’engagement.
Le manager détaille les corrections attendues :
« Ça fait partie de la discussion que j’ai eue avec le staff et les leaders pour mettre un peu plus l’accent sur la défense. On a regardé : notre moyenne en Top 14 est d’environ 35 points pris par match. Pau est à 30. Aujourd’hui, on ne demande pas d’enlever trois essais, mais d’en enlever au moins un. Ça ne paraît pas impossible car sur tous les essais qu’on a pris, il y a beaucoup d’erreurs individuelles (interceptions, montées défensives…).
Sur le collectif, nos points de travail sont la défense dans les 22 mètres, où l’on est trop friables, et la défense sur ballons portés. On sait que M. Trainini est un arbitre très strict et très pro. Si l’on se retrouve à chaque fois dans nos 22 mètres après une faute à Bayonne, ce sera très dur de gagner, et c’est le focus qu’on s’est mis. »
Le problème ne se limite pas aux essais encaissés. Lyon doit également mieux maîtriser sa discipline et empêcher ses adversaires de prolonger les actions après contact.
Contre La Rochelle, le LOU a ainsi concédé 24 offloads, tandis que 20 pénalités avaient été sifflées contre les Lyonnais face à Clermont.
Des chiffres que Karim Ghezal considère comme révélateurs :
« Par exemple, contre La Rochelle, il y a eu 24 offloads concédés : on laisse trop vivre le ballon. Ce n’est pas un manque d’engagement au plaquage, mais un manque de connexion entre partenaires. On doit aussi être costaud sur la discipline : contre Clermont, on s’est retrouvé avec 20 pénalités concédées, ce qui découle d’erreurs individuelles et évitables (frustration, ballons tapés, etc.). Corriger ces détails, ça commence par monter le curseur individuel de performance, puis aller là-bas hyper soudés, hyper connectés et alignés pour faire un grand match dans un stade avec une super ambiance, face à une équipe qui n’a que trois points d’avance sur nous au classement. »
« On ne peut pas être tournés uniquement vers l’attaque »
Pour sortir de cette mauvaise passe, Lyon pourrait donc adopter une approche plus prudente.
Habitué à proposer un rugby ambitieux, le LOU doit désormais apprendre à mieux gérer l’occupation du terrain, notamment à l’approche de l’hiver.
Karim Ghezal confirme cette évolution tactique :
« C’est là que le travail de trois mois va parler. On devrait être capable de jouer un rugby un peu différent. Même si l’ADN de l’équipe est de beaucoup tenter, on ne peut pas être tournés uniquement vers l’attaque : il faut un jeu d’occupation, un jeu au pied stratégique, et surtout rester alignés. C’est la clé aujourd’hui. L’état d’esprit global est là, il n’y a pas de sujet sur l’engagement. C’est vraiment une question d’alignement, de connexions et de corriger les détails techniques. »
Cette adaptation pourrait être déterminante à Bayonne, où les Lyonnais devront répondre au défi physique imposé par les Basques.
Le manager sait qu’un nouveau revers placerait son équipe dans une situation plus inconfortable avant la réception de Vannes.
Bayonne puis Vannes : une séquence à ne pas manquer
Sans dramatiser la situation comptable, Karim Ghezal mesure l’importance des prochaines échéances.
Le LOU ne pourra pas nécessairement reproduire ses performances offensives les plus spectaculaires. Il devra surtout trouver les moyens de rester compétitif dans des rencontres serrées.
Le manager lyonnais explique l’état d’esprit recherché avant ce déplacement :
« Déjà, en n’attendant pas le dernier moment. On a déjà cette vision de contexte et de période, où tous les matchs seront durs. Ensuite, c’est le sujet du contenu qui va importer. Est-ce que dans cette période-là, en rentrant dans l’hiver, on va encore chercher à se faire des passes et à marquer beaucoup d’essais, ou tenter d’avoir une défense capable de prendre moins de points ?
On a besoin d’une connexion et d’un alignement complet entre les joueurs sur la façon de jouer. Ce week-end, on ne pourra peut-être pas marquer huit essais à Bayonne, mais on peut être en capacité de les mettre en difficulté avec une autre forme de jeu. »
Avec seulement trois points séparant Lyon de Bayonne au classement, cette confrontation pourrait permettre au LOU de relancer sa saison.
À défaut, la réception de Vannes la semaine suivante prendrait une importance encore plus grande pour un groupe désormais contraint de stopper sa série de défaites.







