
Sur les terrains, Antoine Dupont et Anthony Jelonch forment depuis de longues années l’un des duos les plus complices du rugby français. Mais leur histoire commune a commencé bien avant les titres remportés avec le Stade Toulousain et leurs sélections en équipe de France.
Dans un documentaire consacré à leur amitié, les deux internationaux reviennent sur leur adolescence à Auch, leurs bêtises au collège et les décisions qui ont façonné leurs carrières.
L’occasion de découvrir un Antoine Dupont particulièrement turbulent, bien loin de l’image du capitaine exemplaire que les supporters connaissent aujourd’hui.
Amis depuis plus de quinze ans, Antoine Dupont, 29 ans, et Anthony Jelonch, 30 ans, ont grandi ensemble avant de partager successivement les couleurs d’Auch, de Castres puis du Stade Toulousain.
Dans le documentaire ANTOINE DUPONT by his best friend Anthony, réalisé en partenariat avec Adidas et diffusé sur YouTube, les deux joueurs se livrent avec humour et sincérité sur une relation qui dépasse largement le cadre du rugby.
« C’est lui qui me faisait faire les conneries »
C’est probablement l’une des anecdotes les plus amusantes racontées dans ce documentaire.
À l’adolescence, Antoine Dupont était visiblement loin d’être le plus sage du groupe.
Anthony Jelonch se souvient notamment des jeux parfois mouvementés auxquels se livrait son ami, particulièrement lorsqu’ils se retrouvaient à la piscine.
Le troisième ligne raconte les habitudes du jeune Dupont :
« Il s’attaquait aux plus grands tout le temps, et à moi. Je ne sais pas, je pense que j’avais la bonne tête pour qu’il s’attaque à quelqu’un. »
Malgré son petit gabarit à l’époque, le futur capitaine du XV de France n’hésitait donc pas à provoquer ses camarades plus imposants que lui, notamment en essayant de les mettre sous l’eau.
Une attitude qui amusait beaucoup Anthony Jelonch, même lorsqu’il devenait lui-même la cible de son ami.
Antoine Dupont reconnaît d’ailleurs volontiers son comportement :
« J’étais toujours en train de mettre des pièces, de faire chier tout le monde et lui rigolait tout le temps, il ne se vexait jamais et c’est bien passé comme ça. »
Cette complicité se retrouvait également au collège, où les deux adolescents étaient pratiquement inséparables.
Mais selon Jelonch, les conséquences de leurs bêtises n’étaient pas toujours réparties équitablement.
Il se souvient avec amusement :
« Quand tu voyais Antoine, tu me voyais et quand tu me voyais, tu voyais Antoine pas loin. Cela énervait beaucoup les profs parce qu’on était tout le temps ensemble. Sauf que c’est lui qui me faisait faire les conneries et c’est moi qui me faisait engueuler. »
Une confidence qui révèle une autre facette du demi de mêlée toulousain, déjà doté d’un tempérament particulièrement joueur.
Une amitié qui n’a pas besoin de beaucoup de mots
Au-delà des souvenirs de jeunesse, le documentaire permet également de mieux comprendre la relation qui unit les deux internationaux.
Antoine Dupont et Anthony Jelonch partagent une complicité discrète, construite au fil des années et des expériences communes.
Contrairement à d’autres amitiés, la leur ne repose pas sur de longues discussions ou de grandes démonstrations d’affection.
Antoine Dupont explique leur manière de fonctionner :
« Tous les deux, on n’est pas des grands expressifs de toute façon mais on n’en a pas besoin non plus. »
Un sentiment partagé par son coéquipier, qui raconte que leur entourage a souvent été surpris par leur capacité à rester ensemble sans échanger un mot.
Anthony Jelonch se remémore certaines remarques :
« Il y a beaucoup de gens nous disaient : « Vous, vous pouvez passer deux heures ensemble sans vous parler. » On est ensemble, on est à côté, on sait qu’on se soutient. »
Le capitaine toulousain confirme cette compréhension mutuelle :
« On le sait tous les deux, on n’a pas besoin de se le dire et je pense que ça nous va bien comme ça. »
Une relation fondée sur la confiance, qui s’est progressivement renforcée à mesure que les deux joueurs ont franchi les étapes de leur carrière.
« Antoine, c’est toi qui choisis » : le transfert à Castres décidé à deux
L’un des moments les plus importants de leur histoire commune remonte à leurs 17 ans.
Alors qu’ils évoluaient encore à Auch, les deux jeunes joueurs devaient décider de la suite de leur parcours.
Quitter leur environnement familial et leurs amis pour rejoindre une structure plus ambitieuse représentait une étape importante, avec son lot d’incertitudes.
Les dirigeants auscitains leur avaient proposé de rester encore quelque temps au club.
Mais Antoine Dupont avait déjà une idée bien précise de ce qu’il souhaitait faire.
Anthony Jelonch raconte cette discussion décisive :
« On avait rendez-vous avec les dirigeants d’Auch et ils nous avaient dit : « Mais vous pouvez rester un an ou deux ans de plus. » Et puis lui (Dupont) me dit : « Non, il faut qu’on parte. » »
Le troisième ligne a alors laissé son ami prendre la décision.
Il poursuit :
« J’ai dit : « Antoine, c’est toi qui choisis. » Il a dit : « Bon, ben on va à Castres et c’est comme ça qu’on est partis à Castres ». »
C’est ainsi que les deux amis ont quitté Auch pour rejoindre ensemble le Castres Olympique.
Un choix qui allait leur permettre de poursuivre leur progression vers le plus haut niveau.
Séparés à Castres, réunis à Toulouse
Leurs trajectoires ont toutefois connu une première séparation en 2017.
Cette année-là, Antoine Dupont a quitté Castres pour rejoindre le Stade Toulousain.
Anthony Jelonch est resté dans le Tarn, poursuivant son développement avec le CO.
Les deux amis ont néanmoins rapidement eu l’occasion de se retrouver sous le maillot du XV de France, dès l’automne suivant.
Il a ensuite fallu attendre 2021 pour les voir de nouveau évoluer ensemble en club.
Anthony Jelonch a alors rejoint Antoine Dupont au Stade Toulousain, reformant un duo qui avait débuté son aventure commune de nombreuses années auparavant dans le Gers.
Aujourd’hui, leur histoire est appelée à se poursuivre encore plusieurs saisons.
Antoine Dupont est engagé avec Toulouse jusqu’en 2031, tandis qu’Anthony Jelonch a prolongé son contrat jusqu’en 2030.
De leurs premières bêtises au collège jusqu’aux plus grandes rencontres internationales, les deux joueurs ont ainsi construit une relation particulièrement rare dans le rugby professionnel.







