
Le RC Vannes a vécu un après-midi absolument mémorable face à Clermont. Menés 26-20 dans les dernières minutes, les Bretons ont réussi à renverser les Auvergnats pour s’imposer 27-26 au terme d’un scénario exceptionnel.
Un essai de Francisco Gorrissen, une transformation décisive d’Anthony Bouthier et un dernier dégagement de Paul Surano ont suffi à faire chavirer tout un stade de la Rabine.
Sous une pluie battante et dans un vent particulièrement difficile, les Vannetais ont refusé de céder. Déjà revenus dans la rencontre grâce à deux essais de Mills Sanerivi et Ioane Iashagashvili, les hommes de Jean-Noël Spitzer ont poursuivi leur remontée jusqu’aux ultimes instants.
Tout a basculé sur une accélération de Michael Ruru. Entré en cours de rencontre, le demi de mêlée a transpercé la défense clermontoise avant d’être stoppé par Bautista Delguy à seulement un mètre de l’en-but.
Francisco Gorrissen raconte l’essai de la délivrance
À quelques centimètres de la ligne, le capitaine vannetais Francisco Gorrissen a pris ses responsabilités. Profitant de l’avancée de Michael Ruru, le troisième ligne a conclu l’action en force pour inscrire le troisième essai breton.
Après la rencontre, Gorrissen est revenu sur cette séquence décisive via Midi Olympique :
« C’était un pick and go, mais d’abord c’est Mike Ruru qui a très bien joué. Il a porté le ballon, a avancé je ne sais pas de combien de mètres mais il a fait avancer l’équipe. Après, je n’étais qu’à deux ou trois mètres de l’en-but, je savais que je pourrais rester en l’air sans toucher le sol, ce n’était pas un plaquage encore. Du coup, je suis resté deux ou trois secondes en bas et après, j’ai réussi à aplatir… »
La Rabine a immédiatement laissé éclater sa joie. Mais avec cet essai, Vannes ne revenait qu’à une longueur de Clermont.
Il restait encore une transformation à réussir.
Le capitaine breton reconnaît d’ailleurs avoir rapidement pensé à cette dernière difficulté :
« Tout de suite, j’ai vu le chrono et j’ai vu qu’il fallait encore réussir la transformation, déjà. Du coup je n’arrivais pas trop à réfléchir sur mon essai ! Mais c’est vrai que, quand l’arbitre a sifflé et l’a accordé, c’était énorme. »
Anthony Bouthier fait basculer le match
Dans une ambiance électrique, Anthony Bouthier s’est présenté face aux poteaux avec une immense responsabilité. Malgré la pluie, le vent et la pression, l’arrière vannetais a parfaitement négocié sa tentative.
Le ballon est passé entre les poteaux, permettant au RC Vannes de prendre l’avantage pour la première fois dans cette fin de rencontre : 27-26.
Le stade de la Rabine a alors explosé de joie.
Mais les Bretons devaient encore négocier le dernier renvoi clermontois pour préserver leur avantage.
Le ballon a été récupéré par les Vannetais. Michael Ruru a ensuite feint de relancer une séquence offensive avant de servir Paul Surano, qui a expédié le ballon en dehors de l’aire de jeu pour mettre un terme à la rencontre.
En quelques instants, Clermont venait de perdre un match qu’il semblait pourtant maîtriser.
« Il fallait une victoire » : Vannes veut poursuivre sur sa lancée
Cette victoire représente bien davantage que quatre points pour les Bretons.
Engagé dans la lutte pour son maintien en Top 14, le RC Vannes avait besoin d’un résultat marquant pour retrouver de la confiance.
Au-delà du scénario spectaculaire, le staff retient surtout les progrès réalisés par l’ensemble du groupe.
L’entraîneur adjoint Jeremy Davidson a salué le travail collectif accompli ces dernières semaines :
« Il fallait une victoire et maintenant, pourquoi pas des victoires en plus. Cet essai, c’est justement l’aboutissement du travail collectif depuis plusieurs semaines. Notre effectif et même les joueurs qui ne jouent pas régulièrement travaillent très dur, pendant les semaines, pour que notre capacité à être performant dans tous les secteurs augmente et voir ce genre de résultat. »
Cette victoire arrachée face à Clermont pourrait constituer un moment important dans la saison vannetaise. Pour les Auvergnats, en revanche, le dénouement a tout d’un immense regret après avoir compté six points d’avance à l’approche du coup de sifflet final.







