
Joris Segonds a pris toute la responsabilité de la défaite de Bayonne contre Lyon (17-21), samedi dernier à Jean-Dauger. Après un coup de pied manqué qui a permis aux Lyonnais d’inscrire l’essai décisif, l’ouvreur basque s’est présenté devant la presse pour reconnaître son erreur.
Mais à quelques jours du déplacement à Bordeaux-Bègles, ses entraîneurs et ses coéquipiers ont tenu à le défendre avec force.
Sur l’action fatale, Segonds avait directement envoyé le ballon dans les bras de Jiuta Wainiqolo. L’ailier lyonnais avait ensuite permis à Iosefo Masi d’inscrire l’essai de la victoire.
Une séquence douloureuse pour l’ancien joueur du Stade Français, qui avait immédiatement évoqué sa « responsabilité à 1 000 % ». Une réaction qui n’a toutefois pas convaincu son entourage.
« Ce n’est pas sa faute si on a perdu »
Pour Gerard Fraser, entraîneur principal de l’Aviron Bayonnais, il serait injuste de résumer la défaite à cette seule erreur technique.
Le technicien néo-zélandais estime dans Midi Olympique que son ouvreur a réagi sous le coup de l’émotion :
« Je pense que Joris a dit ça dans le chaud de l’action. Il a fait une erreur technique, mais on n’a pas perdu le match sur ça. »
Bayonne avait notamment laissé passer plusieurs occasions de prendre définitivement le large, alors que les Basques avaient mené 21-12 à la 32e minute.
Gerard Fraser insiste sur la responsabilité collective de son équipe :
« À ce moment-là, on doit tuer le match. Oui, c’est honorable que Joris ait pris cette responsabilité, mais ce n’est pas sa faute si on a perdu. C’était important, sur ce début de semaine, qu’il le comprenne bien »
Un discours également partagé par Giovanni Habel-Küffner.
Le troisième ligne refuse que son partenaire porte seul le poids de cette défaite :
« Il a raté la touche, c’est tombé sur lui, mais ce sont les 75 minutes que nous avons produites avant qui nous ont amenées à ça. C’est gentil de sa part de lever la main et de soulager tous les autres, mais ce sont les 23 ou les 45 qui doivent se regarder dans un miroir »
« Il a été brillant et entraînant »
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Joris Segonds assume publiquement une erreur importante.
Lors de la demi-finale de Top 14 perdue avec le Stade Français contre Bordeaux-Bègles en juin 2024 (20-22), il avait déjà reconnu sa responsabilité après une transformation manquée qui aurait pu offrir une prolongation aux Parisiens.
À l’époque, il avait déclaré :
« J’avais la possibilité d’offrir à mes partenaires une prolongation méritée et j’ai failli. Je m’en veux forcément. Ce n’était pas un match lambda, c’était un ballon pour potentiellement jouer une finale de Top 14. […] J’ai vécu d’autres moments difficiles dans ma vie, je me suis toujours relevé. Et c’est ce que je vais encore essayer de faire »
Après la défaite contre Lyon, Rob du Preez a également tenu à défendre son partenaire.
Le Sud-Africain rappelle notamment les responsabilités importantes assumées par Segonds durant la rencontre :
« On ne peut jamais blâmer une seule personne sur un match. Samedi dernier, Joris a pris tous les coups de pied, ils étaient difficiles »
L’ouvreur avait d’ailleurs réalisé un sans-faute face aux perches.
Et selon Du Preez, Segonds a rapidement retrouvé son allant à l’entraînement.
Il assure que son coéquipier a parfaitement réagi :
« Il a été brillant et entraînant »
Gerard Fraser rappelle également les exigences particulières du poste d’ouvreur.
L’entraîneur bayonnais explique :
« Si tu veux être un bon joueur à la charnière, il faut être capable de vite évacuer une erreur, afin de se projeter sur la prochaine tâche »
Avant de relativiser le nombre d’erreurs commises par les numéros 10 :
« En dix, on a l’habitude de toucher trois fois plus de ballons que les autres, donc on fait trois fois plus d’erreurs que les autres. C’est normal, et bientôt, Joris aura besoin de taper une autre pénalité, un autre jeu au pied, ou de guider l’équipe »
Segonds ou Du Preez à l’ouverture contre Bordeaux ?
Reste désormais à savoir qui débutera à l’ouverture samedi après-midi sur la pelouse de Chaban-Delmas.
Joris Segonds s’est entraîné avec le numéro 10 mardi, avant que Rob du Preez ne prenne sa place lors de la séance de mercredi.
Le Sud-Africain avait débuté la saison à l’ouverture, avant d’être utilisé au centre ou sur le banc après le retour de blessure de Segonds.
Les deux joueurs avaient également été associés lors du déplacement à Toulouse, une formule qui avait donné satisfaction au staff.
Gerard Fraser se souvient de cette association et souligne la polyvalence de Du Preez :
« Ils avaient fait un très bon match. Quoi qu’il en soit, la polyvalence de Rob est importante pour l’équipe, en 10, 12, 13 ou 15. Il nous amène beaucoup dans le jeu, il est doué techniquement, c’est un très bon organisateur, qui communique bien et qui est très positif dans sa capacité à motiver les joueurs »







