
Le Stade Rochelais traverse une période délicate. Battus à domicile par Bordeaux-Bègles (19-25), les Maritimes ont enregistré leur deuxième défaite de la saison à Marcel-Deflandre. Une contre-performance difficile à accepter qui a provoqué une prise de parole des cadres dans le vestiaire. Avant de se déplacer sur la pelouse du Stade Français ce samedi à 16h35, les Rochelais ont décidé de se dire certaines vérités.
Ce déplacement à Jean-Bouin intervient dans un contexte particulier. La dernière visite rochelaise dans la capitale s’était soldée par une humiliation en barrage du Top 14 (45-5). Un souvenir toujours présent dans les esprits, alors que les hommes de Ronan O’Gara cherchent à retrouver une régularité qui leur fait défaut depuis le début de la saison.
« On devait se dire les choses »
La défaite contre l’UBB a laissé des traces dans le vestiaire rochelais. Alors que les joueurs avaient particulièrement ciblé cette rencontre, ils ont été dominés dans l’engagement par des Bordelais plus agressifs.
Dès lundi, les cadres ont donc pris la parole pour provoquer une réaction collective.
Le pilier Alexandre Kaddouri a expliqué via Sud-Ouest pourquoi cette discussion était devenue indispensable :
« Ce qu’on a proposé dans le jeu est dur à accepter, c’était très stérile alors que c’était un match que les supporters avaient coché, qu’on avait coché. Les leaders ont pris le truc en main. On ne va pas se mettre la tête au fond du seau, le Top 14 est long, mais on ne peut pas laisser passer des défaites comme ça. On devait se dire les choses. Je pense que lundi a été bénéfique. »
Un constat partagé par Thomas Lavault, particulièrement préoccupé par les difficultés récurrentes de son équipe en début de rencontre.
Le deuxième-ligne reconnaît que les Rochelais doivent rapidement trouver des solutions :
« C’était super important. Mais même si les leaders ne l’avaient pas fait, tout le groupe est conscient et surtout déçu. On ne fait que des mauvaises entames à domicile. Pourquoi ? C’est un peu la question, on est en train d’essayer de modifier certaines choses pour y arriver. On a à cœur d’y remédier. »
« L’UBB a été un bon reality check »
Le problème des entames de match ne concerne pas uniquement les joueurs.
Le staff rochelais s’interroge également sur sa préparation et sur les moyens d’améliorer l’engagement de l’équipe dès les premières minutes.
Donnacha Ryan a notamment révélé que les entraîneurs réfléchissaient à modifier certains aspects de l’échauffement :
« On s’est posé la question au sein du staff : est-ce qu’on peut faire mieux avec l’échauffement ? Statistiquement, sur tous nos matchs, on n’est pas performant en première mi-temps puis on est pas mal en deuxième. On a besoin d’attaquer dès la première minute avec la bonne attitude. On se pose la question, pour essayer de changer quelque chose. L’UBB a été un bon « reality check » (un retour à la réalité, NDLR). »
Cette irrégularité surprend d’autant plus que La Rochelle avait affiché un visage bien différent lors de sa victoire sur la pelouse de Lyon (28-16), avec davantage d’agressivité et de maîtrise dans les zones de combat.
La question d’un effectif en reconstruction, encore en quête de maturité collective, se pose également.
Interrogé sur cette hypothèse, Thomas Lavault n’a pas apporté de réponse définitive :
« Honnêtement, je ne sais pas. »
Alexandre Kaddouri estime, de son côté, que la jeunesse de certains joueurs ne constitue pas une excuse :
« Je pense que ce n’est pas le problème. Pour la plupart, même si on est jeunes, ça fait longtemps qu’on est dans le groupe, il y a des cadres qui nous montrent le chemin et qui étaient là justement pendant les grandes années. Les discours sont les mêmes, on a tout ce qu’il faut pour avoir cette régularité. À nous de la trouver. »
« On peut vite retomber à la 7e ou 8e place »
Les conséquences de ces résultats irréguliers commencent à se faire sentir au classement.
Alors que La Rochelle avait l’occasion de se rapprocher de la deuxième place, sa défaite contre Bordeaux l’a replacée au milieu d’un groupe d’équipes particulièrement serré.
Alexandre Kaddouri regrette ce contraste entre les performances réalisées à l’extérieur et les difficultés rencontrées à Marcel-Deflandre :
« C’est qu’on va chercher des victoires compliquées à l’extérieur et qu’à domicile, on n’arrive pas à concrétiser. On devait jouer la 2e place, au final on se retrouve à égalité avec beaucoup d’équipes. »
Le jeune Valentin Bouju, âgé de seulement 18 ans, mesure également l’importance du déplacement à Paris.
Il rappelle qu’un nouveau revers pourrait provoquer une chute rapide au classement :
« Il faut surtout réagir sur notre rugby. Si on gagne, on peut rester en haut du classement. Mais si on perd, on peut vite retomber à la 7e ou 8e place. »
« On a pris une danse » : le souvenir douloureux de Jean-Bouin
Pour retrouver le chemin de la victoire, les Rochelais devront faire face à un adversaire qui leur a infligé l’une de leurs plus lourdes désillusions récentes.
Lors du dernier barrage de Top 14 disputé à Jean-Bouin, le Stade Français avait largement dominé les Maritimes sur le score de 45 à 5.
Une déroute que les joueurs n’ont absolument pas oubliée.
Thomas Lavault assure que ce souvenir reste très présent dans le groupe et se méfie d’une équipe parisienne dont le classement ne reflète pas nécessairement le potentiel :
« Après, on est conscient que la dernière fois qu’on est allé à Paris, on a pris une danse. On l’a tous en tête, on s’en souvient. Et quand on voit le début de saison du Stade Français, qui n’est pas où il doit être au classement malgré les mêmes armes… »







