
Le XV de France pourrait être contraint de modifier profondément son animation offensive lors de cette tournée automnale. Alors que la formule associant trois joueurs capables d’évoluer à l’ouverture avait donné entière satisfaction ces derniers mois, les forfaits de Matthieu Jalibert et Thomas Ramos obligent Fabien Galthié à envisager d’autres solutions. Avec Antoine Dupont et Romain Ntamack à la charnière, les Bleus pourraient notamment retrouver un système plus traditionnel, particulièrement face à la défense redoutable de l’Afrique du Sud.
Cette évolution représenterait un changement important après les réussites du Tournoi des Six Nations 2026 et de la tournée estivale. La présence de deux ouvreurs de formation dans le triangle stratégique composé des numéros 9, 10 et 15 avait permis aux Français de multiplier les possibilités offensives et de faire circuler le ballon avec davantage de liberté.
Fabien Galthié privé d’une formule qui fonctionnait
Lors du Tournoi 2026, le XV de France avait notamment associé Antoine Dupont, Matthieu Jalibert et Thomas Ramos.
Quelques mois plus tard, une autre combinaison avait également donné satisfaction dans l’hémisphère Sud, avec Maxime Lucu à la mêlée, Romain Ntamack à l’ouverture et Matthieu Jalibert à l’arrière.
Ces associations permettaient aux Bleus de disposer de plusieurs organisateurs capables de prendre des initiatives, de distribuer le jeu et d’intervertir leurs positions.
Mais les absences simultanées de Jalibert et Ramos rendent cette organisation beaucoup plus difficile à reproduire.
Théo Attissogbe possède certaines qualités de polyvalence et peut ponctuellement évoluer à l’ouverture avec Pau, mais son profil diffère de celui des deux joueurs indisponibles.
Fabien Galthié a reconnu l’importance de cette organisation offensive :
« C’est vrai qu’on a joué avec des compétences similaires aux postes de 10 et de 15 (avec deux ouvreurs), ce qui nous permettait d’inventer notre propre animation et notre propre stratégie autour de joueurs polyvalents et capables de se suppléer »
Le sélectionneur français sait toutefois qu’il devra composer avec les joueurs disponibles.
Il poursuit :
« Il est clair que ça peut impacter notre rugby mais, là aussi, on doit être en capacité de s’adapter et de trouver les bonnes solutions pour rester performant autour des potentiels à disposition. »
Dupont et Ntamack vers un retour à une animation plus classique ?
Une autre organisation pourrait donc être privilégiée pour les prochaines rencontres internationales.
Avec Antoine Dupont et Romain Ntamack à la charnière, les Bleus pourraient davantage s’appuyer sur des cellules d’avants positionnées autour du demi de mêlée.
Cette stratégie permettrait de concentrer une partie du jeu dans l’axe avant de chercher à déplacer le ballon vers les extérieurs.
Un fonctionnement qui rappelle certaines animations utilisées précédemment par le XV de France.
Jean-Baptiste Elissalde, ancien entraîneur de l’attaque des Bleus, envisage précisément cette évolution dans les colonnes de Sud-Ouest :
« Au lieu de servir tout de suite l’ouvreur, je pense que les Bleus joueront plus après le demi de mêlée, à l’image de ce qu’ils faisaient par le passé avec les cellules d’avants qui se proposaient après le 9 »
Une adaptation qui ne serait pas uniquement liée aux absences de Jalibert et Ramos.
Le profil des adversaires, et notamment celui de l’Afrique du Sud, pourrait également peser dans les décisions du staff.
La défense sud-africaine pourrait tout changer
Les Springboks possèdent une défense particulièrement agressive, capable de monter rapidement sur les attaquants et de réduire considérablement les espaces disponibles.
Face à ce système, chercher systématiquement les extérieurs pourrait exposer les Français à une pression importante.
Jean-Baptiste Elissalde estime donc que les Bleus pourraient privilégier des attaques plus directes, en sollicitant davantage leurs avants autour d’Antoine Dupont.
L’ancien entraîneur tricolore précise :
« Qui plus est face à la défense des Sud-Africains, qui est très difficile à contourner après le 10. »
Cette approche pourrait permettre aux Français de fixer les défenseurs dans l’axe avant de chercher d’autres solutions offensives.
Le défi sera néanmoins considérable face à une équipe sud-africaine réputée pour son intensité défensive et sa capacité à perturber les organisations adverses.
Fabien Galthié a d’ailleurs pleinement conscience des difficultés que représente cette opposition.
Le sélectionneur des Bleus affirme :
« C’est un challenge que nous avons décidé de relever. »






