
Louis Bielle-Biarrey est en train de devenir l’une des nouvelles idoles du rugby français. À seulement 23 ans, l’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles impressionne par ses statistiques exceptionnelles et sa vitesse, mais également par sa popularité grandissante auprès des jeunes supporters. Avec 29 essais inscrits en 27 sélections avec le XV de France, celui que l’on surnomme « LBB » suscite un véritable engouement. Au point de pouvoir un jour rivaliser avec Antoine Dupont sur le terrain de la notoriété ? Le principal intéressé préfère largement relativiser.
Titulaire ce samedi contre les Fidji en Championnat des nations, Louis Bielle-Biarrey possède déjà une réputation internationale. L’ancien capitaine irlandais Brian O’Driscoll le considère même comme un candidat crédible à une éventuelle distinction individuelle mondiale, tandis que son casque rouge est devenu une véritable signature auprès des supporters.
« Tout le monde veut jouer ailier »
À Bordeaux, l’engouement autour de Louis Bielle-Biarrey est particulièrement visible dans les écoles de rugby.
Au CABBG, de nombreux enfants souhaitent désormais jouer au même poste que leur idole, porter le numéro 11 et adopter son célèbre casque rouge.
Pierre, éducateur des moins de 10 ans, raconte l’influence considérable de l’international français sur les jeunes pratiquants :
« Tout le monde veut jouer ailier, tout le monde veut porter un casque rouge, être floqué du numéro 11, marquer des essais… Tous les enfants vont au stade et voient ses exploits, depuis cinq ans. Louis est important pour eux. Il y a une grosse augmentation des inscriptions, on ne peut malheureusement pas prendre tout le monde puisque les infrastructures ne le permettent pas mais si on acceptait tout le monde, on aurait doublé voire triplé le nombre de joueurs au CABBG ! »
Un jeune supporter, Gustave, explique pourquoi il a finalement choisi un casque rouge plutôt que sa couleur préférée :
« Au début, j’hésitais avec un bleu, c’est ma couleur préférée mais j’ai voulu un rouge comme Louis Bielle-Biarrey. Il est trop fort! »
D’autres jeunes supporters évoquent également sa disponibilité et les souvenirs qu’il leur laisse :
« Une fois, j’arrivais à vélo avec mon père au club, je vois Louis qui sort, je dis ‘papa, largue-moi ici.’ J’ai couru pour avoir un autographe. D’ailleurs, il fait souvent des photos avec les enfants à la sortie de l’entraînement. Plein d’enfants l’adorent. Sa vitesse, son style de jeu, ses essais, sa technique… Ça fait rêver ! »
« Antoine est bien au-dessus de moi »
Malgré cet enthousiasme, Louis Bielle-Biarrey refuse de se considérer comme la nouvelle grande star du rugby français.
Interrogé par RMC Sport, l’ailier bordelais estime qu’Antoine Dupont conserve une avance considérable en matière de popularité.
Louis Bielle-Biarrey répond avec beaucoup de modestie lorsqu’on lui demande s’il se considère comme une nouvelle star :
« Si j’ai la sensation d’être la nouvelle star du rugby français? Non, pas du tout. »
Il reconnaît volontiers la notoriété supérieure de son capitaine en équipe de France :
« Antoine, je pense qu’il est bien au-dessus de moi et j’en suis très content! »
Le Bordelais assure surtout vouloir conserver sa spontanéité et privilégier les performances collectives.
Il explique pourquoi cette reconnaissance du public ne constitue pas un objectif personnel :
« C’est vrai que ça fait deux ans que ça marche très, très fort pour moi, j’ai l’impression que les gens m’apprécient. S’ils se reconnaissent en moi ou que je les inspire, je suis très content. Mais ce n’est pas forcément quelque chose que je vise. J’essaie de rester moi-même, de jouer mon rugby. Je suis très content de marquer des essais, mais je préfère gagner des titres collectifs. »
Une popularité encore très différente de celle d’Antoine Dupont
Si Louis Bielle-Biarrey est devenu une référence sportive, sa notoriété en dehors des terrains reste encore limitée par rapport à celle d’Antoine Dupont.
Le capitaine des Bleus possède notamment une présence importante sur les réseaux sociaux et participe régulièrement à des événements médiatiques.
Vincent Chaudel, fondateur de l’Observatoire du sport business, explique cette différence entre les deux internationaux :
« Son aura est développée sur le terrain mais quasiment pas en dehors. Un premier indicateur, c’est la taille des réseaux sociaux. Mais Louis Bielle-Biarrey, il n’y est pas vraiment. Antoine Dupont, lui, existe aussi en dehors du terrain. »
L’économiste estime néanmoins que le Championnat des nations pourrait offrir à l’ailier bordelais une nouvelle exposition :
« Ce Championnat des Nations peut être l’occasion pour Louis, qui marque beaucoup d’essais, de prendre encore plus de lumière, en l’absence de Thomas Ramos qui marque beaucoup de points. Mais souhaite-t-il pour autant devenir un people? Aujourd’hui, sa valeur commerciale est plus liée à son équipe qu’à son individu puisqu’il ne cherche pas à le monétiser. »
Son casque rouge pourrait devenir un véritable atout commercial
Pour Vincent Chaudel, Louis Bielle-Biarrey possède plusieurs caractéristiques susceptibles de renforcer sa notoriété.
Sa vitesse, son image et son casque rouge constituent autant d’éléments distinctifs qui pourraient intéresser les marques.
Le spécialiste du marketing sportif détaille les possibilités qui s’offrent au joueur :
« Il a des leviers mais ça suppose qu’il veuille les activer. C’est un choix personnel. »
Il imagine notamment différentes façons de développer son image sans nécessairement multiplier les apparitions médiatiques :
« Sa vitesse est un élément différenciant. Son casque aussi. Ça veut dire que potentiellement demain, il n’aura pas le visage abîmé. Et donc, il pourra aussi jouer de cette dimension-là s’il a envie de le faire, on pourrait le retrouver en costume dans un défilé par exemple. Il pourrait jouer aussi la carte de la rareté. Ce qui est rare, ça vaut cher. Ne jouant pas nécessairement les réseaux ni les mises en valeur dans des rendez-vous médiatiques et autres, à un moment donné, sa prise de parole peut devenir rare et l’association à une marque peut prendre de la valeur. Il y a différentes façons de gérer sa notoriété. »
L’ailier bordelais a déjà commencé à développer plusieurs partenariats, notamment avec Adidas, la Marine nationale et une campagne de prévention santé menée avec Novo France.
« Beaucoup de jeunes s’identifient à lui »
Au sein même de l’Union Bordeaux-Bègles, les coéquipiers de Louis Bielle-Biarrey constatent quotidiennement l’ampleur du phénomène.
Maxime Lamothe souligne notamment la capacité de l’ailier à faire rêver les jeunes grâce à ses qualités spectaculaires :
« Beaucoup de jeunes s’identifient à lui. »
Le talonneur bordelais explique ce qui rend son partenaire aussi populaire :
« C’est quelqu’un qui est beau à voir. On attend tous de le voir faire ses fameuses courses de 50, 60 mètres. Qu’il perce, qu’il traverse le terrain, qu’il fasse un petit exploit individuel avec ses crochets, sa vitesse. C’est plus facile de s’identifier à un ailier qu’à un talonneur. Avec son casque rouge qui est quand même sa petite marque à lui. »







