
La défaite du XV de France face à l’Afrique du Sud (17-32), samedi 8 novembre au Stade de France, continue de faire couler beaucoup d’encre. Et les critiques ne viennent pas seulement de l’Hexagone.
Invité du podcast Aftermatch de Sky Sports, l’ancien ouvreur néo-zélandais Stephen Donald, champion du monde 2011 avec les All Blacks, n’a pas mâché ses mots à l’égard des Bleus.
Pour Donald, la différence entre les deux équipes s’est d’abord jouée sur le plan physique. « Je pensais que la condition physique des Sud-Africains était bien supérieure à celle des avants français », a-t-il lâché.
L’ex-All Black a notamment pris pour exemple l’essai du demi de mêlée Cobus Reinach :
« L’essai de Reinach était un rêve pour tout rugbyman : une percée, un petit lob et une récupération… un essai exceptionnel. Mais comment cela s’est-il produit ? Ils (les Français) auraient dû défendre, mais ils n’étaient pas là. »
L’ancien international souligne un déficit de mobilité criant chez les Tricolores. « Ils pouvaient peut-être tenir la collision physique, mais ils ne pouvaient pas se déplacer suffisamment vite sur le terrain », poursuit-il, estimant que la France a semblé incapable de répondre à l’intensité sud-africaine.
Mais la critique de Stephen Donald va au-delà du physique. Elle touche également le jeu et les choix tactiques.
« Je suis stupéfait par le style français. Leurs arrières brillants, les Penaud, Ramos, Fickou, ont été sous-utilisés. Ils ont juste essayé de passer par le milieu avec des ballons lents. S’ils pensent passer les Sud-Africains comme ça, ils n’iront pas loin », a-t-il tranché.
L’ancien All Black s’en prend aussi à l’organisation offensive et au manque de prise d’initiative. « Je n’ai pas vu Ntamack prendre le contrôle et organiser ses joueurs. Sur les images, treize Français étaient concentrés sur un espace d’environ dix mètres autour du ruck. Cela ne met aucune pression sur une ligne défensive sud-africaine réduite », observe-t-il.
Enfin, Donald déplore un manque d’audace et de créativité :
« Dans leur jeu, les Français ont été stupides. Je me demande si leur plan de jeu se résume à : donner le ballon au joueur principal, Antoine Dupont. Bielle-Biarrey sur l’aile ou Penaud, après les vingt premières minutes, ont aussi été sous-utilisés. »
Un constat sévère mais lucide, alors que les Bleus tenteront de se relancer samedi à Bordeaux face aux Fidji, sous pression après ce revers qui a sérieusement ébranlé leur statut.







