
Le choc entre la France et l’Afrique du Sud, samedi 8 novembre au Stade de France (17-32), continue d’alimenter les débats. En cause : l’exclusion directe du deuxième ligne sud-africain Lood De Jager après un plaquage dangereux sur Thomas Ramos à la 39e minute.
Un fait de jeu majeur, d’autant plus discuté que l’arbitre australien Angus Gardner n’a pas eu recours au « bunker », procédure permettant de revoir la faute pour confirmer ou non un carton rouge.
La polémique reste vive, notamment en Afrique du Sud où la décision est jugée sévère. Mais pour Owen Doyle, ancien patron des arbitres internationaux et aujourd’hui chroniqueur à The Irish Times, l’arbitre a eu raison d’agir ainsi.
« Ce n’était pas seulement un coup bas », écrit-il. « De Jager avait une ligne de vue dégagée et claire. Son action était brutalement dangereuse, sans aucune circonstance atténuante. »
Doyle estime que la décision de Gardner respecte parfaitement le règlement et déplore les pressions constantes exercées sur les officiels.
« Il y a toujours eu une pression immense, presque intolérable, de la part des entraîneurs, commentateurs et experts dans l’hémisphère sud, qui considèrent que le carton rouge direct ne doit être utilisé que pour des actes flagrants. Ça ne va probablement pas changer, ce qui rend le travail des arbitres très difficile. »
L’ancien arbitre appelle même World Rugby à assumer pleinement son rôle :
« Il faut du leadership. Cela pourrait prendre la forme d’une déclaration claire et sans équivoque confirmant que c’était correct de ne pas aller au bunker et que le carton rouge était approprié. »
Enfin, Owen Doyle rappelle un principe fondamental : la gravité de la blessure ne doit pas influencer la sanction. « Ceux qui avancent que, puisque Ramos n’a pas eu besoin d’un protocole médical, le jeu déloyal n’était pas avéré… Croient-ils vraiment que le niveau de la blessure devrait dicter la sanction ? »
Une sortie ferme qui remet la décision de l’arbitre au centre du jeu et renvoie World Rugby à ses responsabilités, dans un contexte où les débats sur la sécurité des joueurs et la cohérence des sanctions restent plus que jamais brûlants.







