Ce samedi, le Stade Toulousain se rendra à Glasgow pour affronter les Warriors à l’occasion de la deuxième journée de la Champions Cup. À la veille de ce déplacement crucial, le manager toulousain Ugo Mola s’est exprimé en conférence de presse, livrant une analyse détaillée de cette rencontre.
« Nous avons deux jours de moins de récupération mais bon, c’est le calendrier qui veut cela à un moment où les effectifs sont normalement en mesure de pouvoir l’encaisser. Nous sommes un flux tendus à certains postes mais comme tout le monde », débute Mola, soulignant les contraintes physiques liées à un calendrier exigeant. Il met en garde contre la puissance de Glasgow, qui s’est imposée comme un ténor européen depuis plusieurs saisons : « Glasgow, ils ont une troisième ligne de très haut niveau, un gros temps de jeu. C’est l’équipe qui fait le plus de passes, qui oblige ses adversaires à énormément plaquer. Il va falloir y être dans l’intensité, dans le rythme. […] Au centre ils ont l’un des meilleurs centres du monde avec Tuipulotu qui fait des performances de haut niveau sur la scène internationale. »
L’entraîneur ne cache pas son inquiétude face aux nombreux facteurs d’incertitude. « Il y a beaucoup d’inquiétude de notre part et j’espère que l’on a bien préparé ce match. Il y a une part d’inconnu : le terrain synthétique, le temps car on nous annonce du froid, du vent et de la pluie. Donc nous avons des interrogations et des incertitudes. À nous de répondre à tout cela. »
La particularité du terrain synthétique de Glasgow, rarement utilisé en Top 14, constitue un défi supplémentaire. « Le synthétique est un terrain accident. Il y a beaucoup de turnover. L’équipe de Glasgow est l’équipe qui conserve le plus de ballons dans ses rucks. Ils ont un temps d’avance sur ces conditions-là. On a essayé de se mettre en condition toute la semaine mais on s’est entraîné toute la semaine à 18 degrés et grand soleil donc on ne s’est pas rapproché des conditions de ce week-end », confie Mola.
Sur la formule de la Champions Cup, il exprime une certaine ambivalence. « Tout le monde a conscience que chaque point est important. Mais dans cette formule, si tu veux réellement te mettre dans les meilleures dispositions, il ne faut rien laisser tomber, et à la fois tu peux te qualifier avec très peu de points. C’est ce qui trouble un peu cette compétition : c’est le grand écart permanent. Tout le monde est obsédé par les points de bonus car ça compte à la fin, et en même temps, avec une victoire et quelques points de bonus, le Racing s’était qualifié il y a deux ou trois ans. » Malgré cela, il reste tourné vers l’objectif : « On n’est pas dans les calculs. On va essayer de revenir avec des points de Glasgow et ça ne sera pas aisé. »
Depuis plusieurs semaines, le Stade Toulousain semble cependant gagner en cohérence et en confiance. « Ce week-end j’ai vu des choses très intéressantes. J’ai la sensation que notre rugby est un peu plus en place qu’il y a quelque temps. […] Notre identité reste de provoquer, avec ou sans ballon. On sait qu’on devra défendre contre Glasgow, mais j’espère que les Écossais devront défendre aussi et que l’on pourra tenir le ballon et les mettre à mal avec notre rugby. C’est notre envie et une conviction profonde de nous présenter avec nos armes. »
Deux déplacements consécutifs sur des terrains synthétiques, à Glasgow puis chez les Saracens, constituent un véritable défi pour le club. « Les deux déplacements sur synthétique […] me posent problème depuis la réception du calendrier. J’ai un très mauvais souvenir d’un match chez les Saracens, il y a presque 10 ans maintenant. Ce sont deux matches qui seront révélateurs de la forme du moment et avec les problématiques que nous avons en terme d’effectif… » Il insiste sur cette difficulté supplémentaire : « On se fait notre stage synthétique avec trois matches sur cinq. Ça marque les organismes, c’est sollicitant, ce sont des terrains accident. »
Les blessures compliquent également la gestion de l’effectif, avec notamment les absences de Pierre-Louis Barassi, Santiago Chocobares et Juan Cruz Mallia. « Avec notre expérience et la connaissance de notre groupe, on essaye de gérer au mieux ce mois de décembre. […] Mais quand vous lâchez un Pita Ahki puis que vous blessez trois joueurs majeurs au centre… Vous vous dites pourquoi j’ai lâché Pita ? » reconnaît Mola.
Enfin, il tient à saluer l’apport de l’Écossais Blair Kinghorn, qui a su s’imposer dans l’équipe toulousaine. « Blair Kinghorn est un personnage différent de notre milieu et de notre sport. Il nous a amené une fraîcheur quand il est arrivé et il a répondu à nos besoins sur le terrain. C’est un ouvreur de formation et le fait de pouvoir le faire jouer à tous les postes à l’arrière sans baisse de ses performances, c’est un super pouvoir. Blair dénote par l’approche qu’il a de la compétition. […] Il fait toutes les choses très sérieusement, mais il prend beaucoup de plaisir et il n’a pas cette lourdeur de jouer ou pas jouer, blessé pas blessé. »
Le Stade Toulousain entre ainsi dans une phase charnière, conscient des obstacles qui l’attendent mais déterminé à s’imposer face à un adversaire redoutable. Ce déplacement à Glasgow s’annonce comme l’un des tests majeurs de la saison européenne des Rouge et Noir.







