Le Stade Toulousain s’est enlisé en Champions Cup en s’inclinant une nouvelle fois, cette fois chez les Saracens (20-14) dimanche à Londres. Après la défaite concédée à Glasgow (28-21) la semaine précédente, ce revers complique sérieusement la course à la qualification pour les Toulousains, désormais quatrièmes de leur poule avec sept points.
Face à des Saracens à la défense impénétrable, le Stade Toulousain, privé de Romain Ntamack, blessé au dos, a malgré tout tenté de réagir. Le numéro 10 écossais Blair Kinghorn, titularisé en remplacement, a ouvert le score avec un essai transformé par Thomas Ramos (19e, 0-7). Mais les Anglais ont rapidement repris le contrôle, inscrivant deux essais par Rotimi Segun (29e, 5-7 puis 36e, 12-7) et Tom Willis (40e, 17-7), avec une défense toulousaine qui a montré des signes de faiblesse au moment clé.
Malgré une belle réaction en début de seconde période, notamment grâce à un essai de l’ailier Matthis Lebel (47e, 17-14), les champions d’Europe en titre n’ont pas réussi à inverser la tendance. Owen Farrell, sorti du banc, a scellé la victoire des Saracens avec une pénalité à la 62e minute (20-14), punissant le manque de discipline des Rouge et Noir.
« On n’arrive pas à hausser notre niveau de jeu et ça se répète depuis plusieurs fois depuis le début de la saison. Il faut qu’on soit capable de se regarder et de savoir pourquoi on n’y arrive pas. La défaite? C’est compliqué car elle a beaucoup d’incidence. Ce n’est pas juste un match de championnat qu’on peut rattraper facilement. On a commis deux fois l’erreur, mais à nous de redresser la tête et montrer un autre visage. On sait qu’on est capable de faire bien mieux que ça », a reconnu Antoine Dupont après la rencontre.
Le capitaine toulousain incarne cette frustration collective. L’absence de continuité dans le jeu et certaines erreurs défensives sont à l’origine de cette défaite qui compromet la position du Stade Toulousain. Ugo Mola, l’entraîneur, n’a pas caché son exaspération : « Trop de fragilités et d’imprécisions. Il ne faut pas chercher plus de malaise. On n’est pas bons, il faut se remettre la tête en place le week-end prochain. Nos deux matchs à l’extérieur sont manqués. On est rentré dans le rang et devenus ordinaires. Ça fait quatre semaines qu’on ne s’entraîne pas trop, avec les congés, les Boxing Day… On court après le temps et après notre rugby. Je nous trouve très ordinaires. »
Avec cette série de défaites, le Stade Toulousain n’a désormais plus son destin en main. Lors de la dernière journée, le samedi prochain à 18h30, il lui faudra impérativement battre Sale, deuxième de la poule avec 11 points, pour espérer poursuivre l’aventure européenne. Mais la pression sera grande, d’autant que les Sharks de Durban, à cinq points, veillent au grain.
Le suspense est entier dans cette poule 1, où chaque faux pas peut coûter cher aux sextuples champions d’Europe.







