Dorian Aldegheri enchaîne les performances et confirme son rôle clé dans le Tournoi des Six Nations 2026. Titulaire indiscutable depuis le lancement de la compétition, le pilier droit toulousain de 32 ans s’est livré à La Dépêche sur son état de forme, la difficulté des matchs et la vie au Centre National du Rugby (Marcoussis).
### « J’étais brûlé » : l’impact physique du match contre l’Italie
Malgré la victoire des Bleus, l’intensité des confrontations laisse des traces. Après avoir affronté l’Italie, Aldegheri reconnaît avoir atteint ses limites physiques : « J’étais cuit, oui. Bon, après, je prends un shoot, quand même juste avant de sortir. Je place mal ma tête sur le dernier plaquage et je prends un coup… Mais globalement j’étais brûlé. »
Cette fatigue témoigne de la progression de l’adversaire, notamment en mêlée : « Franchement, je trouve que c’était un des matchs les plus durs. On a vu qu’ils avaient une grosse conquête. On était obligés de s’employer à 100 % au vu de ce qu’ils ont montré contre l’Irlande et contre l’Écosse. On savait que ça allait être un gros défi, donc voilà, j’ai tout mis, j’ai fait ce que j’ai pu. Je trouve qu’ils ont passé un cap. Franchement, depuis le début du Tournoi ils performent vraiment dans le domaine de la mêlée. Quand on voit ce qu’ils ont mis à Furlong, c’est un mec qui a sa carrière quand même… »
### Un nouveau statut à 32 ans
Pour la première fois sous le maillot du XV de France, Aldegheri aligne trois titularisations consécutives. Un aboutissement qu’il relativise avec lucidité : « Oui, comme quoi (rires). Moi, je me donne à 100 %, je ne réfléchis pas. À 32 ans, à 33 ans, je ne réfléchis pas. Je me donne à 100 %, je bosse, et voilà, s’ils me mettent, tant mieux, s’ils ne me mettent pas, ils ne me mettent pas. Je me file à 100 % et je ne calcule pas, je ne réfléchis pas. »
À propos de ce temps de jeu régulier, il nuance : « Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Après, il ne faut pas se leurrer, c’est aussi parce qu’il manque du monde. Mais j’essaie d’être à la hauteur. Des fois, ça passe. Des fois, ça ne passe pas. »
### Anecdotes et atmosphère conviviale à Marcoussis
Entre les séances vidéo et les entraînements, Dorian Aldegheri apprécie l’ambiance autour du groupe France mais veille à ménager ses moments de repos. « Dès qu’il y en a qui vont en ville, je passe mon tour (sourire). Mais du coup on va au cinéma dans une ville pas trop loin. »
Le pilier s’est aussi confié sur son look atypique sur le terrain, avec un maillot souvent porté hors du short, une particularité qui le fait beaucoup rire : « (Il explose de rire) Il est trop grand. Il est beaucoup trop grand. Je le mets hors du slip, il est trop grand en longueur, mais aussi en largeur. Il est immense le truc, faut que Jean-Luc (Passard, l’intendant des Bleus) me mette la taille en dessous (rire). En fait, je l’ai pris comme ça sans faire trop attention et il ne me va pas. »
Enfin, il évoque avec nostalgie les habituelles « guerres de chambres » avec Damian Penaud, même si cette année, « c’est un peu plus calme. Il y a moins de folie. Non, mais c’était sympa, c’est marrant. »
Concernant les temps libres durant les regroupements à Marcoussis, il confie : « Franchement, on est déjà bien occupé avec le rugby et tout. Sinon, on va voir des films au cinéma. Pas à Paris hein, parce que mine de rien c’est assez loin. Tu mets une vie à y aller, à revenir. Ça te bouffe toute la journée et du coup tu es frustré parce que tu as fait que de la route. Dès qu’il y en a qui vont en ville, je passe mon tour (sourire). Mais du coup on va au cinéma dans une ville pas trop loin. Après, on a un jour off dans la semaine et le lendemain on part au match donc on n’a pas non plus énormément de temps libre. »
À 32 ans, Dorian Aldegheri poursuit sa progression constante, alliant exigence personnelle et disponibilité pour le collectif, dans un rôle devenu central au sein du XV de France.







