Le Stade Rochelais traverse une crise profonde.
La récente annonce de la retraite soudaine d’Uini Atonio, combinée à une lourde défaite à domicile face au LOU Rugby, secoue les Maritimes.
Interrogé par Sud-Ouest, l’ailier rochelais Jack Nowell décrit une situation difficile, un véritable cauchemar : « On dirait bien… C’est dur. Donner 31 points à une équipe comme Lyon, la façon dont nous nous sommes présentés, dont nous avons joué en première mi-temps… Ils ont bien attaqué, mais nous avons raté des plaquages, pris des décisions stupides. C’est fou. »
Malgré le contexte émotionnel lié au départ d’Atonio, Nowell refuse que cet événement serve d’excuse à la déroute : « Je pense que tout le monde sait combien Uini compte pour cette équipe et combien nous l’aimons. En même temps, nous voulions utiliser cela cette semaine, faire une bonne performance pour l’équipe, pour Uini, pour montrer combien nous tenons à lui et combien nous l’aimons. Nous ne pouvons donc pas utiliser cela comme excuse. Toute La Rochelle souffre pour Uini mais en même temps, pour pouvoir améliorer les choses, nous venons jouer ici, devant nos amis à domicile, pour faire une bonne performance. Nous ne l’avons pas fait… »
Le joueur souligne l’importance de ne pas se réfugier dans les excuses, soulignant la nécessité de tourner la page : « C’est très facile de se trouver des excuses, un peu comme la saison dernière, avec les blessures ou des décisions contre nous. Mais nous devons continuer de regarder vers l’avant. Ce sera un bloc différent en termes de jeu, de semaines de repos. Les prochaines semaines vont décider de la façon dont nous voulons finir la saison. »
Après la rencontre, Pierre Bourgarit a pris la parole pour recadrer le groupe. Selon Nowell, le capitaine a insisté sur l’honnêteté et l’engagement nécessaire pour le club : « D’être honnête les uns envers les autres, beaucoup de choses sur la première mi-temps. Il a parlé aussi, un peu, de ce que signifie jouer pour ce club, jouer les uns pour les autres, ce que nous n’avons montré que par moments. La façon dont nous sommes revenus en deuxième mi-temps, c’est la façon dont nous voulons jouer au rugby : c’est excitant, vous pouvez entendre la foule, nous lui donnons matière à encouragement avec un très bon rugby. Mais je le répète, quand vous donnez 31 points, vous devez réussir des choses que vous ne feriez pas en temps normal pour gagner. Or, nous leur donnons encore un essai en seconde période… »
Désormais concentré sur l’avenir, Nowell attend une réaction contre Montpellier, match prévu le 14 février : « Oui, il le faut. Nous allons utiliser cette semaine pour récupérer, nous reposer. Mais il faudra que cela signifie quelque chose contre Montpellier, que l’on montre une réaction à nos supporteurs parce que les Montpelliérains, après avoir vu ce match, vont venir pour faire la même chose que Lyon. Il est important pour nous d’arrêter cela et de faire ce que nous savons faire. »
Malgré les difficultés, l’ailier croit toujours en une qualification dans le top 6 : « À 100 % ! Nous devons y croire ! Nous nous rendons la tâche difficile chaque semaine mais je crois encore en cette équipe, j’aime cette équipe. Je crois toujours qu’on peut gagner cette compétition, qu’on a l’équipe pour mais c’est dur après une telle performance… Chaque semaine, on se rend la tâche de plus en plus difficile. On peut trouver plein d’excuses : Uini, nos blessures, mais l’équipe qui était sur le terrain était capable de gagner, et on ne l’a pas fait… »
Dans le vestiaire, il a lancé un appel à la réflexion et à l’engagement : « Dans le vestiaire, j’ai dit aux gars : « Partez cette semaine, passez du temps avec vos familles, mais réfléchissez à la raison pour laquelle vous jouez au rugby avant de nous retrouver. » La mienne, c’est ma famille ; je joue pour les gars de l’équipe, j’essaie de tout donner chaque week-end. C’est important de comprendre pour quoi chaque joueur joue. La réaction doit intervenir la semaine prochaine, car nous manquons de temps. Nous nous parlerons en nous regardant dans les yeux… »
Enfin, Nowell est revenu sur l’émouvant hommage rendu à Atonio dès la troisième minute du match : « C’était spécial. C’était difficile à écouter car j’étais concentré sur l’instant. Mais personnellement, entendre les applaudissements, la foule encourager Uini et crier son nom… ça m’a permis de prendre une grande inspiration, ça m’a rappelé pourquoi je joue. Uini a joué son dernier match sans le savoir. J’essaie de ne pas prendre cela pour acquis : nous avons de la chance de faire ce que nous faisons. »
Le Stade Rochelais, bousculé, doit maintenant se ressaisir et retrouver son rugby pour sauver sa saison.







