Emmanuel Meafou a franchi un nouveau palier avec les Bleus ce dimanche à Lille. Longtemps cantonné à un rôle de « finisseur » ou remplacé prématurément, le deuxième-ligne d’origine australienne a disputé l’intégralité du match face à l’Italie, contribuant largement à la victoire française (33-8) grâce à une activité incessante sur le terrain.
Interrogé après la rencontre par L’Équipe sur son état de fatigue, le géant toulousain a répondu par un « oui » franc avant d’avouer : « Je suis un peu fatigué. » Une fatigue logique pour un joueur qui n’avait jamais dépassé les 66 minutes en sélection et qui a cette fois tenu jusqu’au coup de sifflet final, épuisé mais satisfait. Désigné homme du match, il a déclaré : « C’est mon meilleur match en équipe de France » et envisage déjà d’offrir sa médaille à son fils Marcellus. Sur le combat intense qu’il a mené, il a ajouté : « On savait que ce serait un gros combat face aux Italiens. » Et concernant son temps de jeu prolongé, Meafou a précisé : « Ce n’était pas forcément prévu, mais Fabien Galthié m’avait dit de tout donner et qu’il me ferait sortir si besoin. »
Le sélectionneur Fabien Galthié n’a pas tari d’éloges sur le Toulousain : « C’était un petit challenge. Est-ce qu’il pouvait le faire ? Il a répondu parfaitement à la question. Il a travaillé, il a été présent et efficace dans ses zones. Je dirais que c’est sa plus grosse performance en bleu depuis qu’il est avec nous et je crois qu’il l’attendait depuis un moment. »
Après une sortie prématurée la semaine précédente en raison d’un protocole commotion lors du match contre le pays de Galles, Meafou a su transformer sa frustration en énergie positive : « J’étais un peu frustré d’être sorti si vite, mais c’est quelque chose que je ne pouvais pas contrôler. J’ai bossé pour gagner ma place. »
Pour Jérôme Thion, ancien international (54 sélections), ce retour en grâce était attendu : « Après des débuts fracassants en bleu (en 2024), ça faisait environ un an qu’on attendait qu’il retrouve son meilleur niveau. Il avait également sans doute un peu de pression et avait été piqué d’être sur le banc lors des deux premiers matches du Tournoi. Mais il a répondu présent face à des Italiens très denses. Il a été dans son rôle de combattant en défense et en attaque, il a fait avancer son équipe. »
Les chiffres parlent pour “Manny” : 13 ballons portés, 30 mètres gagnés et surtout son premier essai international pour sa 14e sélection. Jérôme Thion insiste : « C’est énorme. En plus d’avoir calé la mêlée, son boulot de numéro 5, amener autant d’avancées dans le jeu est très fort. »
Si son dégagement au pied restera anecdotique, c’est sa présence continue et son impact du début à la fin du match qui ont marqué les esprits, notamment celui de son coéquipier Thomas Ramos : « Je ne suis pas étonné par sa performance, Manny, quand il le décide, peut être le meilleur deuxième-ligne du monde. »







