Louis Bielle-Biarrey s’est confié à Midi Olympique après la victoire bonifiée du XV de France contre l’Italie, ce dimanche, dans le cadre du Tournoi des Six-Nations.
Pour l’ailier bordelais, la mission est accomplie. « La victoire est bonifiée, on marque 33 points et on n’en prend que 8… La mission est aussi accomplie dans le contenu, je trouve, même si on a été énormément challengés par cette équipe italienne. » Malgré une défense plus éprouvée que d’habitude et des difficultés en conquête, notamment sur les ballons hauts et la pression au sol, l’équipe de France a su tenir bon. « Vu le scénario du match, c’est intéressant pour la suite. »
Auteur d’un huitième essai consécutif dans le Tournoi, un record, Bielle-Biarrey se réjouit : « J’ai vu ça dans les vestiaires, sur les réseaux (sourire). Je suis toujours content de marquer, content que ça aide l’équipe. Notamment aujourd’hui puisque ça nous permet de marquer sept points d’entrée de jeu sur un ballon de contre-attaque, ce qui leur a forcément mis un petit coup derrière la tête. »
Il insiste aussi sur l’importance de son rôle au-delà des essais : « Comme je le dis souvent, le match d’un ailier, ça ne se résume pas qu’aux essais marqués. On a aussi notre partie de travail, de sale boulot on va dire. Sur ce match, les Italiens nous ont mis pas mal de jeux au pied, il y a eu pas mal de situations d’urgence dans nos 22 mètres où on a dû revenir en vitesse pour sécuriser les rucks. Ce sont des choses que le grand public ne va pas forcément apercevoir, mais dont on parle beaucoup avec les coachs. »
Le forfait de Matthieu Jalibert a bouleversé les schémas habituels de l’équipe. « Rien que le fait de remplacer dans notre système Matthieu par Théo, c’était différent. On a l’habitude de jouer avec deux ouvreurs, là on s’est retrouvés à trois ailiers… On était dans des schémas plus classiques, comme on voit en club. Mais on s’en est plutôt bien sortis, je pense. Gaël a fait un superbe match, Théo aussi a répondu globalement présent à l’arrière. »
Après cet enchaînement intense, le joueur apprécie la semaine de repos avant d’affronter l’Écosse : « On a beaucoup joué cette année, déjà. On vient d’enchaîner trois matchs à haute intensité, où on perd beaucoup de jus physiquement, mais aussi mentalement car ce n’est pas neutre émotionnellement de jouer devant 50 000 ou 80 000 personnes. Là, on a une semaine tranquille où on va pouvoir couper, rentrer voir nos proches, passer du temps en famille. »
Interrogé sur le Grand Chelem, Bielle-Biarrey se montre ambitieux mais prudent : « On le dit depuis le début qu’on veut gagner ce Tournoi. Ça passera par au moins une victoire en Écosse, et un éventuel grand chelem passera par l‘Angleterre. Mais avant ça, on sait que dans deux semaines, on va se déplacer chez le deuxième qui n’est qu’à quatre points de nous… Si on veut gagner ce Tournoi, il faut qu’on gagne là-bas. »
Il n’oublie pas de féliciter ses coéquipiers : « Gaël est très bon, on le voit tous les week-ends en Top 14. Je pense qu’il a montré ses qualités ce soir. Je suis content pour lui qu’il marque un essai pour sa première sélection, ça fait toujours plaisir, d’autant plus que c’est allé assez vite pour lui. »
Enfin, il rend hommage à Thomas Ramos qui a évolué à l’ouverture en remplacement de Jalibert : « C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Comme il l’a rappelé hier soir à la remise de maillot, il n’a pas eu un parcours en équipe de France toujours linéaire, il s’est accroché pour revenir à chaque fois. Je trouve qu’il apporte beaucoup dans le groupe. Je ne l’ai pas senti plus nerveux que ça pendant ce match, Thomas parle souvent beaucoup. Il a l’habitude de jouer sous pression. Je ne suis pas sûr que cette cinquantième sélection l’ait rendu plus nerveux que d’habitude. C’est un joueur qui a beaucoup d’expérience et qui sait gérer ce genre de match-là. »







