L’ancien pilier international italien Martin Castrogiovanni revient avec émotion sur sa carrière et ses souvenirs marquants dans une longue interview accordée à L’Équipe.
Parmi ces moments forts, il évoque avec fierté la première victoire historique de l’Italie contre la France, le 19 mars 2011, sur le score serré de 22 à 21. « Forcément, notre première victoire (22-21), en mars 2011. C’était une sensation incroyable de battre cette équipe, qui dominait le rugby mondial. L’ambiance était folle à Flaminio. Nick Mallett (le sélectionneur sud-africain de l’Italie) était en pleurs dans les vestiaires. Ça montre à quel point il se souciait de l’équipe et sa passion, qu’il nous a transmise », se souvient-il.
« Moi aussi, j’ai versé quelques larmes. J’étais tellement heureux. Le soir, on était restés à l’hôtel tous ensemble pour vivre pleinement ce moment historique. Personne ne croyait en nous et nous avons gagné ce match. Ça nous a donné beaucoup de confiance et, deux ans plus tard, nous avons de nouveau battu la France (23-18, en février 2013). »
L’ancien international italien revient aussi sur l’essai qu’il a marqué lors de ce deuxième succès contre les Bleus, un moment qu’il considère comme le plus beau de sa carrière. « Si vous me demandez quel est le plus bel essai de ma carrière, je vous répondrai celui-là. Je ne l’oublierai jamais. C’était vraiment un essai collectif, parti de nos 22 mètres. Un immense bonheur. Affronter les Français a toujours été particulier. Tous les Italiens veulent les battre, et inversement. Cette rivalité existe dans n’importe quel sport depuis toujours. Nous sommes les deux seules équipes latines du Tournoi. Ça donne souvent de très beaux matches. Les Anglo-Saxons ont un plan et s’y tiennent jusqu’au bout. Nous, nous jouons plus avec nos émotions. »
Sur le plan personnel, Castrogiovanni mentionne deux joueurs français qui l’ont particulièrement marqué : « J’en ai deux : Nicolas Mas et Christian Califano. Ils étaient très bons en mêlée. Vous avez eu aussi d’excellents talonneurs, dont William Servat et Raphaël Ibañez. »
Mais le pilier italien ne cache pas son adversaire préféré à embêter en match : « Sylvain Marconnet. Un bon joueur mais il cassait les couilles tout le match. Il n’arrêtait pas de parler pour te déstabiliser. Je me souviens des grandes batailles contre lui, car moi aussi, je parlais beaucoup… »
Enfin, malgré la rivalité sur le terrain, Castrogiovanni insiste sur ses bonnes relations avec plusieurs anciens Bleus. « Avec Benjamin Kayser, on est très amis depuis que nous avons joué ensemble à Leicester (de 2007 à 2009). Je m’entends bien aussi avec Julien Dupuy, Mathieu Bastareaud, William Servat et d’autres. »
Une belle preuve que, au-delà des luttes sur le terrain, le rugby tisse aussi des liens forts entre joueurs, quelles que soient leurs origines.







