Le Stade Toulousain a écrasé Montauban ce week-end sur le score fleuve de 68-13, dans un match marqué par un net déséquilibre sur le terrain qui aura surtout mis en lumière la jeunesse du club.
La véritable sensation de l’après-midi à Ernest-Wallon fut l’entrée en jeu de Lucien Richardis à la 45e minute. Pour sa troisième apparition professionnelle et son baptême à domicile, le jeune joueur de 20 ans n’a pas tremblé, inscrivant un doublé en seulement 35 minutes de jeu.
Interrogé par Midi Olympique, Lucien Richardis est revenu avec humilité sur sa performance : “Mais ce fut un match compliqué, le score ne reflète pas vraiment ce qu’il s’est passé. Montauban s’est accroché. Mais bien sûr, je suis très content d’avoir marqué ici, je remercie Célian Pouzelgues pour mon premier essai et Teddy sur le deuxième. C’est sûr, ce ne furent pas les essais les plus compliqués que j’ai eus à marquer. Je pense que je n’ai pas très bien plongé, en fait je ne savais pas trop quoi faire.”
Malgré son entrée parfaite sur le plan statistique, le jeune joueur a gardé la tête froide, conscient de ses erreurs. Il confie notamment une touche directe jouée de manière précipitée : “À 20 ans, quand on entre sur cette pelouse, on sait que c’est une opportunité énorme, alors on essaie d’être à la hauteur. J’ai marqué deux essais pas très difficiles, mais il fallait les mettre. Mais après, il y a eu une touche directe que j’ai jouée, je n’aurais pas dû, j’étais un peu excité. Mais quand j’ai pris le ballon, j’ai vu que l’arbitre de touche n’avait pas levé le drapeau. J’ai cru que le Montalbanais avait dégagé de ses 22… Mais j’ai croisé du coin de l’œil le regard d’Ugo Mola et j’ai compris que je m’étais trompé. Je me suis dit : « Tant pis ! »”
Lucien Richardis possède un parcours international atypique. N’ayant pas été retenu en équipe de France jeunes, il a choisi de défendre les couleurs de l’Espagne, pays d’origine maternelle, une opportunité qu’il assume pleinement : “Déjà, je n’ai pas été pris en équipe de France (des catégories jeunes), et ma mère est née en Espagne. J’ai saisi l’opportunité de jouer pour ce pays, qui est aussi mon pays ce dont je suis fier.”
S’il évolue actuellement à l’arrière avec Toulouse, il se destine plutôt au poste de demi d’ouverture : “Mon poste préférentiel, c’est numéro 10, même si j’ai joué un peu partout chez les jeunes. Mais en sélection, je joue à ce poste.”
Pour progresser, il bénéficie de l’environnement exigeant du Stade Toulousain et des conseils de ses aînés : “Je m’entraîne tout au long de l’année avec ce groupe plein d’internationaux parmi les meilleurs du monde. Et bien sûr que je sens que j’évolue sur plusieurs aspects à leurs côtés pour être prêt quand j’ai l’opportunité de jouer. Je me sens très bien dans ce groupe. Tout le monde nous met à l’aise aussi bien à l’entraînement que durant les matchs. Le cadre avec qui j’échange le plus, c’est Thomas Ramos, il est incroyable avec les jeunes. Il nous donne beaucoup de conseils, il nous pousse vers le haut, il sait nous recadrer. Juan Cruz Mallia est aussi très gentil avec nous. Il nous parle beaucoup et il m’aide énormément.”
La prochaine étape pour Lucien Richardis sera deux semaines avec la sélection espagnole en vue du Tournoi B, avec à terme l’ambition d’intégrer la liste pour la prochaine Coupe du Monde.







