L’entraîneur adjoint du XV de France, Patrick Arlettaz, s’est confié à Midi Olympique à l’approche du choc contre l’Écosse dans le Tournoi des Six Nations.
L’ancien technicien de l’USAP a d’abord donné des nouvelles rassurantes concernant Nicolas Depoortere, Matthieu Jalibert et Yoram Moefana : « Ils vont tous les trois très bien. Ils ont participé à l’entraînement. Je ne peux pas vous dire mieux. Après la coupure, nous avons globalement retrouvé des joueurs frais et enthousiastes. L’énergie, c’est important dans notre sport. »
Puis, il explique le choix tactique du staff français lors de la victoire sur l’Italie (33-8), totalement différent des approches contre le Pays de Galles et l’Irlande : « On l’avait prévu, même si nous aurions aimé une structure de match plus aboutie. On n’a pas été surpris par l’agressivité et l’intensité qu’ont mis les Italiens. On a bien répondu là-dessus mais sur cinq ou six coups, on aurait pu faire mieux. Mais je ne ferai pas la fine bouche : gagner 33-8 contre cette équipe d’Italie, ça va, c’est bien. »
L’adjoint évoque ensuite la redoutable équipe écossaise, capable, selon lui, de triompher dans ce Tournoi : « Les Écossais ont réalisé plusieurs matchs aboutis, notamment contre l’Angleterre. On s’attend donc à un match très difficile face à une équipe encore en capacité de remporter le Tournoi. Le piège, c’est la petite musique lancinante disant : « Comment ne pourraient-ils pas gagner le Tournoi ? » Mais on a des joueurs qui connaissent ce genre de musique et qui savent que l’Écosse est capable de nous battre. Il n’y a donc pas de piège particulier. »
Interrogé sur le trophée du Tournoi brûlé récemment, Patrick Arlettaz dédramatise : « Oui. Mais le trophée, on ne le garde pas chez nous, hein… Ils vont vite le remplacer, je pense. Moi, de toute façon, je ne suis pas très attaché aux marques. Une réplique m’irait bien. »
Le choix d’Anthony Jelonch comme nouveau numéro 8, préféré à Grégory Alldritt, a également été justifié : « Un numéro 8 au fond du terrain, c’est désormais très rare. On est aujourd’hui dans des systèmes où treize joueurs sont sur la ligne et deux en troisième rideau, l’arrière et l’ouvreur en général. Pas un gros-porteur de balles, Antho ? Je n’en suis pas certain, quand même… Anthony, c’est un joueur dur, qui casse des plaquages et nous met dans l’avancée. »
Sur la composition de la paire de centres pour affronter l’Écosse, il ironise : « On fait ça au pif. On met les noms dans un chapeau, on prend une main innocente et on en tire deux ou trois. Je plaisante, hein… Chacun des coachs donne son avis et à la fin, c’est Fabien Galthié qui tranche. […] C’est comme ça… Les joueurs de rugby, c’est comme les champignons… Un jour, vous n’en trouvez pas et le lendemain, il en pousse même sous votre lit. Des fois même sur les pieds, ce qui est plus désagréable ! (Rires) Rassurez-vous : samedi, il y aura deux bons trois-quarts centre à Murrayfield face à une paire écossaise qui est actuellement une référence mondiale, Sione Tuipulotu et Huw Jones, ça a de la gueule. »
Arlettaz loue aussi le talent de l’ouvreur écossais Finn Russell : « Tout a été écrit sur Russell. Il mérite tous ses superlatifs. C’est un magnifique joueur au centre de l’animation écossaise. Les Écossais sont les plus Latins des Anglo-Saxons. Ils n’ont pas un jeu stéréotypé, ce qui les rend d’autant plus dangereux. Regardez leur match au pays de Galles : ils jouent un coup d’envoi rapidement, ce qui ne se fait quasiment jamais, et font basculer la rencontre de cette façon. »
Enfin, il fait l’éloge d’Antoine Dupont, au cœur du système tricolore : « Antoine, il ne nous sert à rien… À que dalle ! On est même très emmerdés, il est en plein milieu des deux (Ramos et Jalibert)… Plus sérieusement, il a évidemment un rôle majeur. Contre l’Italie, beaucoup ont vu son numéro de virtuose dans le côté fermé, raffut, crochet, accélération… Moi, j’ai aimé tout le reste : il a été précieux au pied, a été le meilleur défenseur du match… Antoine, c’est le meilleur du monde dans le jeu au pied. C’est aussi le meilleur du monde dans le tempo. Je lui cherche encore une faiblesse. »
Avec environ 15 000 supporters tricolores attendus en Écosse, il savoure cette ambiance : « C’est grisant, enthousiasmant. Je viens d’un endroit de France (Perpignan) où on se déplace beaucoup, je vis donc ça très bien et ce n’est nullement une pression supplémentaire. Au pays de Galles, c’était presque surréaliste d’avoir cette réponse de la part des tribunes alors que nous étions sur le terrain des Gallois. Nos supporters sont fiers et ont plaisir à faire leur match avec les fans des autres équipes. Ça fait partie du charme du rugby et ça augmente notre envie de bien faire. Plus qu’une pression, c’est une responsabilité. »







