Patrick Arlettaz, l’entraîneur de l’attaque des Bleus, a fait preuve d’une franchise rafraîchissante et d’un humour décapant lors de sa conférence de presse, à quelques jours d’un déplacement crucial à Murrayfield.
### Un groupe au complet après une trêve bénéfique
Sur le front médical, les nouvelles sont rassurantes. Les cadres Moefana, Depoortere et Jalibert, qui inquiétaient avant la pause, sont désormais en pleine forme. « Ils vont très bien. Ils ont suivi l’entraînement normalement, sans souci (ce mardi). Tout s’est bien passé, je ne peux pas vous en dire plus… », a-t-il assuré. Pour Arlettaz, cette coupure a permis au groupe de se régénérer physiquement et mentalement. « L’énergie est essentielle dans notre sport, encore plus dans ce type de compétition », a-t-il souligné.
### L’Écosse, un adversaire redoutable au jeu « latin »
L’entraîneur refuse toute complaisance face à l’Écosse. Il alerte sur la qualité d’une équipe « capable de tout », avec un style atypique. « Ils aiment tenir le ballon, ils ont une paire de centres de haut niveau (Sione Tuipulotu et Huw Jones) et Blair Kinghorn apporte beaucoup d’incertitudes. On les qualifie parfois de plus latins des Anglo-Saxons, avec un jeu offensif et peu stéréotypé. » Arlettaz préfère parler d’« obstacles à franchir avec vigilance » plutôt que de « pièges », face à une formation jouant le titre.
### Centres : un choix cornélien et une abondance inattendue
Le moment fort de la conférence est venu sur la gestion du poste de centre, longtemps en pénurie mais désormais riche en talents. Avec ironie, Arlettaz a décrit le processus de sélection : « On fait au pif, on met tous les noms dans un chapeau, on prend une main innocente et puis, hop, on en tire deux, trois, suivant ce qu’on veut faire sur la feuille de match… » Il a illustré l’abondance actuelle par une image savoureuse : « On a eu pendant un petit moment une pénurie à ce poste-là. Là, c’est comme les champignons : parfois vous n’en trouvez pas un et puis le lendemain, il en pousse partout, même sous votre lit. Parfois même sur les pieds, mais c’est plus désagréable ! »
### Jeu aérien et gestion des stars : les consignes sont claires
Sur le plan tactique, Arlettaz reste intransigeant, notamment en touche où le pourcentage de réussite est satisfaisant, mais la manière de capter le ballon doit être parfaite : « Les claquettes, j’aime ça à la plage, pas au rugby. » Concernant la charnière à trois composée de Dupont, Jalibert et Ramos, il a lâché une pointe d’humour noir : « Antoine ne nous sert à rien, que dalle. Maintenant qu’on a Matthieu et Thomas, on est emmerdés, il est en plein milieu ! » Une façon de rappeler la place centrale du capitaine dans l’équipe, dont le talent demeure un atout majeur pour les Bleus.







