Antoine Dupont, habituellement maître à jouer inégalé du XV de France, a connu un samedi à oublier face à l’Écosse. Lors de la lourde défaite des Bleus à Murrayfield (50-40), le demi de mêlée tricolore est passé totalement à côté de son sujet, loin des fulgurances qui ont forgé sa légende.
En conférence de presse, le capitaine affichait un teint pâle et une mine fermée, confronté à une réalité inhabituelle : un match où tout a semblé aller de travers. Malgré une légère maladie en début de semaine ayant perturbé sa préparation, Dupont a écarté toute excuse médicale. « Je n’ai pas eu de souci physique », a-t-il affirmé avec fermeté.
Un avis partagé par son coéquipier Thomas Ramos : « Connaissant son niveau de professionnalisme, Antoine n’aurait pas joué ce match s’il n’avait pas été à 100% de sa forme. Il a été un peu malade en début de semaine, c’est vrai, mais je ne crois pas qu’il s’en servira d’excuse pour dire que c’était un peu plus difficile aujourd’hui (samedi). »
Pour expliquer les difficultés du numéro 9, l’ancien international Guy Accoceberry avance une autre piste : les Écossais auraient déployé un plan ciblé pour entraver le Toulousain. Lors d’une intervention pour France Info, il précise : « Je peux me tromper, mais il me semble qu’ici, il n’a jamais été le vrai Antoine Dupont. J’ai l’impression qu’un plan anti-Dupont est mis en place à chaque fois avec des (Rory) Darge, des (Matt) Fagerson ou autrefois des (Jamie) Ritchie qui essaient de l’attraper, qui le plaquent souvent, même parfois un peu à retardement, et qui parviennent à le faire sortir de son match et à l’user physiquement. Les Écossais savent comment le faire déjouer. »
Au-delà de la pression physique, Dupont a commis deux erreurs directes ayant coûté cher aux Bleus : une interception de Kyle Steyn et une passe en-avant dans son en-but lors d’une relance risquée. « C’est vrai que j’ai commis des erreurs qui nous coûtent cher », a reconnu le capitaine. « Ça reste des faits de jeu, mais c’est sûr que la performance n’est pas là. Après, ça ne fera pas avancer le débat de discuter des performances individuelles. Il faut réfléchir collectivement. »
Pour Guy Accoceberry, ces erreurs viennent aussi d’une volonté excessive de bien faire. « Sur son choix dans l’en-but, en revanche, vu qu’il y a trois mecs qui arrivent sur lui, il doit aplatir. Mais il veut tenter quelque chose parce que c’est Antoine Dupont, qu’il veut garder son rôle de patron, de leader de jeu. Sur le coup, il veut sauver la patrie, chose qu’on lui demande depuis des années et des années. »
L’ancien joueur soulève également la question d’une récupération encore incomplète après la grave blessure au genou subie il y a un an : « Je pense qu’Antoine n’est pas encore revenu à 100% de ses capacités (après sa rupture des ligaments croisés du genou droit contractée il y a un an), ce qui a certainement dû jouer dans les quelques erreurs qu’il a commises. »
Avec cette défaite, les Bleus et leur capitaine disposent désormais d’une semaine pour tirer les enseignements de cette « leçon » avant d’affronter l’Angleterre. « C’est un compétiteur », conclut Accoceberry. « Je pense qu’il sera vexé et qu’il réalisera un match énorme contre l’Angleterre, samedi prochain. »







