Au lendemain d’un triomphe historique face à l’Angleterre (23-18), la Nazionale italienne de rugby suscite une véritable euphorie en Italie. Cette première victoire contre les champions britanniques, en 35 ans et 33 confrontations, provoque une couverture médiatique exceptionnelle, reflet d’un exploit à la hauteur de l’événement.
Le Messaggero célèbre un tournant majeur : “L’Italie comme dans rêve […] ils ont brisé une malédiction de 35 ans sans connaître la victoire face aux maîtres.” De son côté, Sky Sport Italia affiche avec ironie “Rugby is coming Rome”, signant un changement profond dans la dynamique du rugby italien.
La Gazzetta dello Sport consacre deux pages à ce moment historique : “Il aura fallu 35 ans et 33 rencontres pour que l’Italie ovale – la petite, maltraitée – au terme d’une prestation saisissante dans son intensité, fasse tomber un tabou : elle a dominé, pour la première fois, le géant anglais.” Ce constat met en lumière le fossé entre la puissance d’une machine anglaise riche et structurée, et les efforts acharnés d’une équipe italienne qui avance avec abnégation.
Le Corriere dello Sport insiste sur la maturité et la jeunesse audacieuse de cette équipe. “Dans le XV de départ, devant les 70 000 spectateurs du Stade olympique, huit joueurs sont nés entre 2000 et 2002. Des garçons qui gardent une marge de progression, en somme.” Derrière cette renaissance, l’influence de Gonzalo Quesada est capitale. La Stampa souligne que l’Argentin “a transformé la Nazionale”, tandis que La Gazzetta confirme que “Dans le groupe il a très vite conquis tout le monde et contrairement à ce qui est arrivé à d’autres, deux années n’ont pas suffi à essouffler l’enthousiasme initial.”
Martin Castrogiovanni, ancien champion et symbole du rugby italien, a également joué un rôle dans cette semaine clé. Le sélectionneur raconte : “Martin Castrogiovanni nous a rejoints mardi et a préparé un grand asado (barbecue argentin). Et vendredi j’ai appelé Diego Dominguez pour qu’il remette les maillots aux garçons. Pour nous c’est un geste toujours chargé d’émotions.” Ces instants de fraternité et de mémoire contrastent avec les difficultés structurelles rencontrées par le rugby amateur en Italie, où plusieurs clubs historiques peinent à subsister.
Après une longue période noire marquée par 36 défaites consécutives dans le Tournoi entre 2015 et 2022, la Nazionale semble enfin sortir de l’ombre. Le capitaine Michele Lamaro, auteur de 11 plaquages décisifs samedi, avait fixé le cap avant la rencontre : “Pour nous considérer vraiment comme compétitifs, on doit commencer à battre les meilleurs.” Le message est désormais clair.
L’Italie n’a plus peur de défier les grandes nations. Le prochain rendez-vous, samedi à Cardiff, avec la perspective de décrocher un troisième succès consécutif dans le Tournoi, sera une nouvelle étape pour confirmer que cette équipe s’inscrit durablement dans la cour des grands et n’est pas une simple surprise passagère.







