Le tribunal judiciaire de Bayonne a condamné ce mardi 10 mars l’ancien kinésithérapeute bénévole du Biarritz Olympique pour agressions sexuelles sur quatre joueuses de rugby. Ces faits, survenus dès octobre 2024 au début de la saison de Fédérale 2, ont été reconnus comme des gestes déplacés commis sous couvert de soins thérapeutiques.
Le praticien, qui exerçait également son activité à Cambo-les-Bains, profitait de la vulnérabilité des sportives blessées pour imposer des attouchements. Le procureur Jean-Claude Belot a dénoncé un « prédateur » qui « à sa disposition des femmes qui ont besoin de lui dans l’exercice de leur sport, il va profiter de cette situation. »
Les témoignages des victimes sont accablants et concordants. Sophia, soignée pour une pubalgie, a subi « un massage de l’entrejambe au niveau des lèvres » sous son short, comme l’a précisé la présidente du club Mélanie Mistral : « Vous avez passé vos mains sous son short pour pratiquer un massage de l’entrejambe au niveau des lèvres. » Jeanne, quant à elle, a refusé de retirer sa brassière, mais accuse le kiné de lui avoir massé le sein et donné une claque sur les fesses. Karine a évoqué des massages prolongés sur les fesses, justifiés par des douleurs lombaires, tandis que Marie, kinésithérapeute elle-même, a immédiatement identifié un contact non professionnel avec les parties intimes lors d’étirements des ischios.
Face à ces accusations, la défense a plaidé l’exception légale, rappelant qu’« un kiné peut avoir un contact avec ses patients dans le cadre de sa pratique professionnelle. C’est l’exception prévue par la loi. » Me Nouhou Diallo a également évoqué les difficultés personnelles de son client, notamment son alcoolisme et sa dépression, pour exclure la qualification de prédateur. Mais le tribunal a considéré que l’intentionnalité était clairement démontrée, surtout au regard des témoignages de victimes connaissant bien les protocoles de soins.
Le verdict est sévère : le kinésithérapeute a été condamné à douze mois de prison avec sursis, assortis d’un sursis probatoire de dix-huit mois. Il se voit également interdit d’exercer pendant trois ans, obligé de suivre des soins, et devra verser 1 200 euros à chacune des victimes en indemnisation. Par ailleurs, il ne pourra pas approcher les plaignantes ni se rendre au stade Aguilera, et son nom a été inscrit au FIJAIS, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Le Biarritz Olympique, partie civile dans ce dossier, a obtenu un euro symbolique en dommages et intérêts. Me Florence Réau, avocate des victimes, a salué ce jugement : il « vient valider le récit des joueuses face à l’ascendant d’un professionnel de santé », mettant ainsi un terme à une affaire qui secoue la communauté sportive locale.






