Le deuxième ligne international français Thibaud Flament s’est livré sans détour dans les colonnes de Midi Olympique, offrant un regard sincère sur son parcours atypique et son amour pour le rugby.
Loin de vouloir suivre aveuglément les traces de son père, il confie : « Même si le rugby faisait partie de l’environnement familial, je n’ai jamais ressenti de pression particulière pour m’y mettre. J’ai d’abord commencé par le football, comme beaucoup d’enfants, mais je me suis assez vite rendu compte que ce n’était pas un sport qui me correspondait vraiment. J’ai ensuite essayé le judo : ça se passait bien, j’avais de bons résultats, mais je n’ai jamais eu le déclic. Puis j’ai testé le rugby, ainsi qu’un peu le tennis. Et là, tout de suite, ça a été différent. Le rugby m’a vraiment plu, autant dans le jeu que dans l’esprit. Les choses se sont faites assez naturellement, sans calcul. »
Si ses parents n’ont jamais exercé de pression, leur soutien a été précieux : « Mon père m’a accompagné lors des premières séances, et ma mère aussi. Ils ont toujours été très présents, sans jamais être envahissants. Ils me laissaient faire mes propres choix, mais ils étaient là pour m’encourager, m’accompagner, m’aider à progresser. Tout s’est construit progressivement, avec leur soutien constant, et ça a compté énormément dans mes débuts. »
Une spécificité dans son parcours, Flament a débuté en Belgique, où le rugby est plus amateur et convivial : « C’est un rugby très convivial, très familial. On est clairement dans un rugby amateur, donc l’ambiance est forcément différente de ce qu’on peut connaître dans les grands pays de rugby. Il y a beaucoup de proximité entre les joueurs, les bénévoles, les familles. Je garde d’excellents souvenirs de cette période. J’aime toujours repasser dans mon club quand j’en ai l’occasion, d’autant plus que j’ai gardé des contacts avec mes anciens coéquipiers. C’est un environnement qui m’a beaucoup apporté humainement. »
Enfant, il vouait une admiration particulière à des joueurs emblématiques : « Je suivais beaucoup le Top 14 et évidemment l’équipe de France. J’étais fan de joueurs comme Vincent Clerc, Maxime Médard ou Thierry Dusautoir. J’aimais leur style, leur engagement, leur façon d’incarner le rugby. C’était toujours un vrai plaisir de les regarder jouer, et forcément, ça faisait rêver. »
Autre révélateur de son parcours singulier, Flament n’a pas toujours évolué en deuxième ligne. « Mes mensurations m’y amenaient un peu avec le temps. En arrivant à l’université, en Angleterre, j’en ai discuté avec le coach. Je lui ai expliqué que j’avais joué toute ma jeunesse à l’ouverture, et parfois à l’arrière. Mais en me regardant dans le miroir, je me voyais davantage deuxième ligne que trois-quarts. J’ai donc fait le choix de tenter ce changement. J’ai dû réapprendre à jouer au rugby, car les timings, les déplacements, les responsabilités sont complètement différents. Finalement, c’était très enrichissant et même très sympa de redécouvrir le jeu sous un autre angle. »
Sensible au ballon et à la lecture du jeu, il précise : « J’aime toucher le ballon, le faire vivre, le transmettre. J’ai gardé cette sensibilité-là, cette lecture du jeu. Dans le rugby moderne, c’est un vrai atout, même pour un joueur de deuxième ligne. Ça permet d’être plus à l’aise dans les phases de mouvement et de contribuer davantage au jeu collectif. »
Passionné par le jeu dynamique, il confie : « Quand je jouais à l’ouverture, j’aimais particulièrement mettre les ballons dans les bons intervalles et voir l’équipe avancer derrière. C’était très gratifiant. Aujourd’hui, ce que j’aime le plus, c’est lancer le jeu avec de la vitesse, prendre le ballon au contact, avancer et, si possible, réussir un offload. Ce sont des actions qui demandent de l’engagement mais qui peuvent vraiment faire basculer un match. C’est quelque chose qui me plaît énormément. »
Dès ses débuts, Flament a cru en sa vocation pro : « Je l’ai toujours un peu senti au fond de moi. J’ai toujours cru que j’y arriverais. Mais c’est vrai que j’ai commencé à l’entendre davantage autour de moi après mon passage en Argentine, fin 2018. Les retours étaient plus positifs, plus affirmés, et ça m’a conforté dans l’idée que j’étais sur la bonne voie. »
Concernant ses préparations d’avant-match, le joueur ne suit pas de rituel fixe : « Parfois je ne fais rien de particulier, parfois je joue à des jeux ou j’écoute de la musique. Ça dépend vraiment de comment je me sens. J’ai plusieurs outils que j’utilise selon le moment, mais je ne suis pas quelqu’un de superstitieux à refaire toujours les mêmes gestes. »
Pour finir, il évoque les stades qui l’ont le plus marqué : « Il y en a plusieurs. En France, le Vélodrome est exceptionnel, avec des ambiances incroyables. J’aime aussi beaucoup Twickenham, que je considère comme une véritable institution. Je l’avais visité étant jeune, avec son musée du rugby. Y rejouer ensuite, c’était très spécial. Et puis le Principality Stadium à Cardiff est tout simplement dingue, surtout avec le toit fermé. »
Le parcours et les confidences de Thibaud Flament illustrent la richesse d’un destin singulier dans le rugby français, façonné par la passion, la liberté de choix et le goût du jeu.







