L’ancien international français Imanol Harinordoquy s’est exprimé dans les colonnes de Midi Olympique au sujet de la lourde défaite du XV de France contre l’Écosse lors du Tournoi des 6 Nations.
Selon lui, malgré le score fleuve, le match avait de la qualité : « En toute objectivité, c’était déjà un très beau match de rugby. Ce n’est pas souvent qu’on voit quatre-vingt-dix points et treize essais dans une rencontre internationale. Sur le terrain, on a simplement senti que les Écossais avaient bien préparé leur match. Ils nous ont privés de ballons, ont été magnifiques dans le combat et de notre côté, nous avons été défaillants : plusieurs erreurs individuelles ont mis le collectif en difficulté. »
Néanmoins, Imanol Harinordoquy ne minimise pas l’ampleur du revers : « Quand tu prétends au grand chelem et que tu encaisses cinquante points en Écosse, ça fait tache… »
Pour lui, le XV de France s’était déjà projeté vers la victoire finale, notamment face à l’Angleterre : « C’est humain… Les joueurs ont eu beau dire le contraire, quand tu es à deux doigts de signer un grand chelem, tu te projettes toujours vers le match d’après… Surtout, ils ne pensaient pas tomber sur une équipe écossaise aussi talentueuse et n’ont peut-être pas assez bien préparé ce déplacement à Édimbourg. »
Malgré cette déconvenue, Harinordoquy garde confiance dans les chances de l’équipe tricolore : « L’avantage, après cette défaite à cinquante points, c’est que les Bleus peuvent encore gagner le Tournoi. Ça va permettre à l’équipe de se remettre immédiatement dans le bain. Mais ce week-end, il va falloir montrer un tout autre visage en mêlée fermée, par exemple. Déjà, parce que souffrir dans ce secteur de jeu met un coup au moral à toute l’équipe. Et puis, parce que lorsque cette équipe de France a le ballon, elle est capable de marquer très vite, sans passer par cent cinquante temps de jeu. On l’a encore vu à Murrayfield, samedi. »
Il souligne également l’impact des provocations écossaises sur le moral des Français : « Les Français ont été chambrés par les Écossais et seront forcément vexés : à Murrayfield, ils se sont fait parler dans la bouche, sont tombés dans le piège et sont parfois sortis du jeu. » Selon lui, « il est déjà primordial d’évacuer le traumatisme et d’en parler ouvertement. Ensuite, il faut se projeter illico sur l’Angleterre, qui débarquera à Saint-Denis pour gâcher la fête. Tout est donc réuni pour se mobiliser et réaliser un grand match. Je ne vois pas l’équipe de France passer deux fois à côté. »
Enfin, Harinordoquy réagit aux critiques virulentes de certains consultants comme Olivier Magne ou Pierre Berbizier : « C’est quelque chose qu’on n’aime pas, non. Mais c’est aussi le genre de truc qui fait réagir. Lorsque cela m’est arrivé, ce fut toujours une formidable source de motivation et les écoutant, je me disais : “Je vais leur montrer, maintenant !” Les critiques font partie du jeu mais franchement, il serait ridicule de tout jeter à la poubelle. En 2011, quand Marc Lièvremont nous a traités de “sales gosses” en pleine Coupe du monde, ça avait fait son effet, oui… »







