Le bilan du Tournoi des Six Nations laisse un goût amer au sein du XV de France. Au-delà des résultats décevants, une priorité s’impose désormais au staff tricolore : la préparation physique des Bleus.
Conscient de l’usure générée par un calendrier très chargé en Top 14, Fabien Galthié avait choisi d’adopter une stratégie radicalement différente pour ce nouveau mandat. Le sélectionneur avait opté pour de longues périodes de repos accordées à ses joueurs tout au long de la compétition.
Ainsi, sur l’ensemble du Tournoi, les internationaux ont bénéficié d’environ « 17 jours et demi de repos », soit presque deux fois plus que lors du précédent cycle. Un choix ambitieux mais qui n’a malheureusement pas produit les effets escomptés. Alors que les performances du XV de France ont progressivement décliné au fil des semaines, l’infirmerie, elle, s’est remplie.
La liste des blessés est en effet particulièrement longue. Au poste de pilier droit, déjà fragilisé par l’infarctus de Uini Atonio survenu juste avant le premier rassemblement, plusieurs joueurs ont dû renoncer. Tevita Tatafu et Régis Montagne ont notamment été victimes de blessures au dos à l’entraînement, contraignant le pilier clermontois à subir une opération.
Les lignes arrières n’ont pas été épargnées. Yoram Moefana souffre d’une instabilité au genou qui l’a privé de plusieurs rencontres, tandis que les blessures musculaires se sont multipliées. Depoortere, Jalibert, Flament, Auruadou, Colombe ou encore Woki ont tous été contraints de déclarer forfait à un moment ou à un autre, principalement en raison de problèmes aux mollets.
En interne, certains avancent une explication inattendue : « la qualité des terrains du Centre national du rugby », suspectée d’avoir favorisé l’apparition de ces pépins physiques, comme le rapporte Midi Olympique.
Le cas de Matthieu Jalibert a particulièrement suscité les interrogations. Sorti à cinq minutes de la fin lors du match au pays de Galles après avoir ressenti une alerte musculaire, l’ouvreur bordelais ne s’est finalement déclaré forfait que la veille de France-Italie, malgré sa participation aux entraînements toute la semaine.
Ce scénario relance les questions sur le suivi médical des internationaux. Les doutes ont été renforcés après le forfait d’Anthony Jelonch, victime d’une douleur aux ischio-jambiers seulement quelques jours après avoir été déclaré apte à reprendre la compétition, suite à un protocole commotion.
Enfin, la blessure de Nolann Le Garrec a ajouté une note d’absurdité à cette série noire. Le demi de mêlée s’est en effet tordu la cheville lors de l’échauffement à Murrayfield, après avoir heurté un boîtier technique au bord du terrain.
Face à cette accumulation d’incidents, une question s’impose désormais au staff des Bleus : « la préparation du XV de France doit-elle être repensée en profondeur ? »







