Inarrêtable, Louis Bielle-Biarrey a une nouvelle fois fait sensation samedi dernier face à l’Angleterre en inscrivant un quadruplé décisif qui a offert le titre aux Bleus tout en pulvérisant son propre record. Après 8 essais en 2025, l’ailier bordelais compte désormais 9 réalisations en 2026, confirmant son statut de phénomène.
Pour Jean-Baptiste Elissalde, consultant pour *L’Équipe* et le *Salon Tactique*, ce succès n’est pas dû au hasard mais à une formule tactique redoutable.
### La recette du « casque rouge »
Louis Bielle-Biarrey s’appuie sur un triptyque efficace : adresse, vitesse et jeu au pied de pression. Que ce soit par ses propres initiatives ou grâce au jeu collectif, il excelle dans l’art de punir les failles du placement adverse. Ce mélange lui permet d’être une menace constante sur le terrain.
### Les Bleus sont-ils « LBB-dépendants » ?
Les chiffres sont impressionnants. Depuis sa première sélection en août 2023, le prodige de l’UBB a inscrit 22 % des essais français lorsqu’il est sur la pelouse. Une statistique qui soulève la question de son influence essentielle sur le tableau d’affichage des Bleus.
Pour Jean-Baptiste Elissalde, si le talent individuel de Bielle-Biarrey est immense, « c’est surtout la précision chirurgicale des passeurs et des botteurs français qui lui permet de briller ainsi dans le dos des défenses ».
### Une efficacité historique
À seulement 22 ans, Bielle-Biarrey s’impose comme l’option offensive numéro 1 du système Galthié. Son sens du placement et sa pointe de vitesse en font un véritable poison, capable de débloquer des situations même lorsque le collectif marque le pas.
À l’approche du Championnat des Nations en juillet, la question n’est plus de savoir si LBB marquera, mais combien de fois les défenses de l’hémisphère Sud pourront limiter ses dégâts.
### Analyse de Jean-Baptiste Elissalde (extrait)
« On profite des qualités de Louis Bielle-Biarrey. Il va beaucoup plus vite que tout le monde. Cela ne paraît pas grand chose mais 2 ou 3 km/h de plus par rapport à son vis-à-vis c’est beaucoup. Tu prends vite 5 ou 10 mètres dans la vue et tu ne le reprends jamais. Ce qui est intéressant, c’est que notre jeu au pied penche à gauche alors que nous avons beaucoup de droitier sur le terrain.
Normalement, c’est plus difficile de taper avec le pied droit, tu peux te faire contrer. Dupont se fait d’ailleurs contrer sur le pied droit alors qu’avec le pied gauche, que ce soit rasant ou en l’air, tu as moins de chance de te faire contrer. Là, on a la chance d’avoir Jalibert, Dupont, Ntamack, Ramos, qui sont capables de mettre des ballons dans les espaces. La moindre erreur défensive et le moindre ballon de turnover, tu as des espaces qui sont libérés.
Et Louis Bielle-Biarrey a toujours le bon petit rebond. Il maîtrise aussi le ballon au sol, il est très adroit. Quand le ballon glisse, il se le remet souvent pour aller marquer. Il est incroyable. Il va plus vite, donc il a un temps d’avance sur les autres et il a cette gestuelle qui lui permet d’être adroit. On n’est pas dépendant car nous avons de très bons ailiers, des mecs qui peuvent se substituer largement.
Mais quand on a une arme fatale comme ça, c’est con de s’en priver. Il est meilleur presque quand on lui met les ballons dans les espaces que quand on lui donne le ballon devant la défense. Ce n’est pas un monstre physique, il faut qu’il ait de quoi déborder. Mais dès qu’il a un ballon qui roule devant lui, c’est un danger pour les équipes adverses.
Les équipes adverses vont reculer pour éviter ce genre de situation et Bielle-Biarrey jouera alors à la main et il va les rendre fou. Donc il est parti pour faire un truc jamais vu en marquant autant d’essais. Il est en pleine bourre et c’est bien d’avoir des mecs comme ça dans l’équipe. »







