Le Top 14 réserve parfois des rendez-vous saisissants. Ce dimanche soir au Stade Atlantique, Romain Ntamack fera son retour sur les pelouses après deux mois et demi d’absence, marqués par un long calvaire médical. L’ouvreur du Stade Toulousain s’apprête à retrouver la compétition lors d’un choc face à Bordeaux-Bègles, où il croisera son grand rival Matthieu Jalibert dans un duel qui lancera officiellement la bataille pour les titres.
Depuis le 28 décembre, date d’un choc violent contre La Rochelle, Ntamack a dû patienter, freiné d’abord par une blessure rare au rein, puis par une rechute musculaire qui l’a privé de la fin du Tournoi des Six Nations. « Ces ennuis sont arrivés au plus mauvais des moments », note Yoann Huget, ancien ailier international, dans Midi Olympique. Il ajoute : « Il a été auteur d’un très bon début de saison mais s’est blessé sur un des derniers matchs avant le premier rassemblement du XV de France… Forcément, on peut parler de malchance. Surtout que sa première blessure n’a pas été très évidente à gérer puisqu’elle n’est pas courante. »
Malgré ce coup dur, le n°10 toulousain a su tirer parti de son absence pour améliorer sa condition physique. « Quand on est sur le front, on a la tête dans le guidon », explique Huget. « Ces moments d’absence permettent d’optimiser son temps pour tenter de progresser sur certains points et travailler d’autres secteurs. Je n’ai aucun doute que Romain sait « profiter » de ces semaines loin du terrain pour évoluer dans le bon sens. Néanmoins, avoir été privé du Tournoi a dû lui apporter une certaine frustration. C’est humain. Tous les compétiteurs réagissent de la même manière. »
Cette reprise s’accompagne naturellement d’une pression médiatique accrue. Pourtant, Ntamack bénéficie d’une solide armure mentale. « Les critiques lui glissent dessus. Depuis tout petit, avec son nom, Romain ne passe pas inaperçu. Désormais, son expérience parle pour lui, et son palmarès aussi. Je ne suis pas inquiet. La pression, il sait la gérer », assure Huget.
Le match sera largement focalisé sur le face-à-face entre Ntamack et Jalibert, considérés comme les deux meilleurs ouvreurs français. Une rivalité mise en lumière qui, selon Huget, ne doit pas être dramatisée : « Je trouve que c’est anecdotique. Ils sont habitués à se jouer. Les deux dernières finales de championnat, la demie de Champions Cup… Comme dans tous les sports, il faut des rivalités pour avancer. Celle-ci est bénéfique pour le Top 14 mais aussi l’équipe de France. Il faut s’en réjouir et ne pas la rendre malsaine. Les deux joueurs sont assez intelligents pour passer au-dessus de tout ça. »
Pour Toulouse, le retour de Ntamack est un véritable atout dans la dernière ligne droite de la saison. Avec un objectif clair de sécuriser une place dans le Top 2 du championnat et de s’imposer en phases finales de Champions Cup, la présence du maître à jouer à 100 % est indispensable. « Il faut reprendre des sensations », conclut Huget. « Le Tournoi est derrière lui. Il faut regarder devant avec Toulouse pour terminer de la plus belle des manières cette saison. Sans un grand Ntamack, c’est beaucoup plus dur d’atteindre tous ses objectifs. »







