Le feuilleton Antoine Hastoy a connu un rebondissement spectaculaire cette semaine sur la côte atlantique. Alors que l’avenir de l’ouvreur international semblait compromis à La Rochelle, notamment après l’annonce du recrutement de l’Écossais Ben Healy, Ronan O’Gara a finalement opéré un virage à 180 degrés.
Ce samedi soir, pour sa 100e apparition sous le maillot rochelais face à son ancien club de Pau, Hastoy retrouve sa place de titulaire et, surtout, la confiance pleine et entière de son manager.
### Une relation sous haute tension
Être numéro 10 sous la direction d’une légende du poste comme Ronan O’Gara n’est pas une mince affaire. L’entraîneur irlandais, connu pour son exigence, a déjà poussé Hugo Reus vers la sortie à l’aube de 2025. Il attend une implication totale de ses ouvreurs.
« J’essaie de tirer le meilleur de mes ouvreurs. Mais ils doivent prendre leurs responsabilités. Et ça commence par leur propre motivation, c’est la clé », déclarait O’Gara en décembre 2024. Pour lui, « la confiance et la motivation créent la différence entre un grand et un très grand joueur, un joueur de club et un joueur international. »
De son côté, Hastoy a longtemps tenté de se protéger face à cette pression constante : « Quand je joue, je ne pense pas à la façon dont il peut m’observer, je ne vois pas les choses comme ça », confiait-il à l’automne dernier. Pourtant, le malaise était palpable, culminant le 25 février avec la révélation du recrutement de Ben Healy, perçue comme une invitation claire à ce que le Français cherche un nouveau club.
### Le « mea culpa » de Ronan O’Gara
À contre-courant de toutes les spéculations, le manager rochelais a profité d’une conférence de presse jeudi pour apaiser la crise et confirmer qu’Hastoy honorera son contrat jusqu’en 2029.
Avec sa franchise habituelle, « ROG » a reconnu avoir sous-estimé la force de caractère de son joueur :
« Antoine ne va pas quitter le club, » a-t-il déclaré. « C’était une menace, mais est-ce que j’étais capable de garder sa tête sous l’eau ? Je ne pense pas. J’ai mal apprécié le compétiteur en lui. Pour créer une équipe, j’ai besoin d’un bon 3, d’un bon 5 et d’un très bon 10. On a Diego (Jurd), j’ai signé un autre 10 (Ben Healy) et j’ai Antoine. Il est ici, et il le sera les trois prochaines années. »
O’Gara a aussi reconnu que sa méthode pouvait paraître brutale, mais la justifie par les exigences du haut niveau :
« Cela n’arrive jamais que tous les joueurs t’adorent ou que tous les joueurs te détestent. C’est une relation individuelle avec chaque joueur. Un bon coach est capable de tirer le meilleur de chaque joueur. Avec Antoine, on n’a pas vu ça pour le moment cette saison. Mais je suis convaincu qu’on est capables d’aller plus loin ensemble, et c’est important pour moi de le dire. »
### L’analogie du mariage : « Tu ne quittes pas la maison »
Le déclic est sans doute venu du sursaut d’orgueil d’Hastoy lors de la victoire cruciale à Castres (31-26) fin février, où il a livré une prestation de haut niveau malgré son contexte personnel difficile.
Conscient d’avoir poussé le joueur dans ses retranchements, O’Gara a conclu en faisant une comparaison matrimoniale qui lui est personnelle :
« C’était horrible pour nous deux, parce que j’ai beaucoup d’admiration pour Antoine. Mais on ne peut pas être dans le déni non plus, je n’étais pas content de ses performances, » a-t-il avoué. « Je dois aussi lever la main et dire que ma façon de faire est un peu sévère. Mais on est dans le sport de haute performance. C’est un peu comme dans mon mariage avec “Jess”, il y a des moments faibles et des moments très forts. Mais tu ne quittes pas la maison juste parce que ça ne marche pas pendant quelques mois. »
Pour Antoine Hastoy, cette 100e titularisation samedi soir marque désormais le début d’une nouvelle ère sous les couleurs rochelaises.







