Le rugby français retient son souffle. Ce dimanche 22 mars à 21h05, le Stade Toulousain se déplace à Bordeaux pour un choc au sommet face à l’Union Bordeaux-Bègles (UBB).
Pour Peato Mauvaka, cet affrontement revêt une signification particulière. Opéré du genou en mai dernier, le talonneur international va enfin connaître sa première titularisation depuis sa longue convalescence. Huit mois de rééducation intensive et une confiance intacte du staff tricolore dans le Tournoi lui ont ouvert la voie du retour.
### Un genou encore fragile, mais un mental d’acier
Malgré son retour précoce en Bleu, Mauvaka reste lucide sur son état physique. Si le rythme de la compétition est retrouvé, certaines sensations restent surprenantes loin des terrains. « Hors terrain, je sais que je suis blessé au genou. Sur quelques mouvements, ce n’est pas une douleur que je sens, mais je me sens plus faible à droite qu’à gauche », confie-t-il avec honnêteté.
Pourtant, dès que l’odeur du gazon remplace celle de la salle de kinésithérapie, le compétiteur reprend le dessus. « Une fois sur le terrain, avec toute la préparation, l’adrénaline et tout ça, j’oublie », assure celui qui trépignait d’impatience sur le banc de touche. « J’ai hâte de commencer pour voir comment mon genou va tenir », ajoute-t-il en soulignant l’importance de ce premier départ.
### Retrouvailles entre Bleus : « On n’est plus des copains »
Ce duel face à Bordeaux est également l’occasion de se mesurer à ses coéquipiers du XV de France, fraîchement sacrés champions du Tournoi des Six Nations. Après deux mois de vie commune intense, les liens amicaux s’effacent le temps des 80 minutes. « Ça va me faire plaisir de les revoir. Mais quand on est sur le terrain, on n’est plus des copains et nous verrons à la fin du match », avertit Mauvaka, sourire en coin, promettant une rencontre électrique.
Sur le débat autour du Grand Chelem manqué, le talonneur ne minimise pas la performance des Bleus. Selon lui, « Par rapport au Grand Chelem, une victoire dans le VI Nations, c’est la même chose », rappelant que la soif de titres anime autant le Stade Toulousain que l’équipe nationale.
### Une fraîcheur retrouvée pour un sprint final décisif
À contre-courant des apparences, cette longue période d’arrêt pourrait se révéler bénéfique pour la fin de saison. Habitué à disputer plus de 30 matchs par an, Mauvaka a profité de cet intervalle pour régénérer son corps et se recentrer sur sa vie personnelle. « Ça m’a fait du bien de sortir un peu du monde du rugby et de voir grandir mon petit », confie-t-il en assurant avoir conservé toute son énergie.
Cette nouvelle vigueur profite également à ses coéquipiers, en particulier à Romain Ntamack, lui aussi de retour de blessure. Mauvaka compte bien épauler son ouvreur dans un duel à distance avec le Bordelais Matthieu Jalibert. Pour lui, cette concurrence entre joueurs d’élite est un moteur essentiel : « C’est sûr que ça te tire toujours vers le haut. Romain va vouloir montrer qu’il est toujours là. Et tous les mecs autour, on va l’aider pour qu’il soit bien durant le match. »
Dimanche soir, Toulouse comptera donc sur un Mauvaka revanchard, prêt à imposer sa présence et à mesurer la solidité de son genou sur l’un des plus grands rendez-vous de la saison.







