Fraîchement sacré avec le XV de France, Émilien Gailleton revient dans le Béarn avec une médaille autour du cou et une faim de victoire intacte. Le jeune centre de la Section Paloise a profité du Tournoi des Six Nations 2026 pour étoffer son palmarès et accroître son temps de jeu au plus haut niveau international. Aujourd’hui, il s’apprête à basculer vers un sprint final haletant en Top 14.
Entre la ferveur tricolore et les ambitions paloises, le talentueux n°13 s’est confié à Sud-Ouest sur sa nouvelle dimension.
### Une hiérarchie mouvante chez les Bleus
Malgré la joie immense liée au titre, Émilien Gailleton admet avoir traversé des moments contrastés durant ces six semaines à Marcoussis. Entre titularisations et passages sur le banc, il fait preuve d’une grande maturité et reconnaît que son retour de blessure à l’épaule a pesé dans la balance.
« Il y a bien sûr une part de frustration liée au fait de ne pas avoir été emmené en Écosse, de ne pas être rentré contre l’Angleterre… Mais je suis quand même très heureux d’avoir cumulé du temps de jeu. Je ne suis pas encore le choix n°1, mais je suis aussi très content vis-à-vis de ces sélections malgré mon retour de blessure à l’épaule », confie le centre paloise.
Il souligne également les circonstances favorables qui lui ont permis de réintégrer rapidement le groupe de Fabien Galthié : « J’ai eu la chance de monter après les blessures des centres bordelais. On ne souhaite jamais le malheur des coéquipiers, mais il faut savoir saisir les opportunités. J’étais super heureux d’être aligné face au pays de Galles et à l’Italie, surtout avec Fabien en premier centre. »
### Le duo Brau-Boirie, l’atout maître de la Section Paloise
L’une des grandes révélations du Tournoi est la montée en puissance de la paire de centres 100 % paloise sous le maillot bleu. Pour Gailleton, évoluer aux côtés de Fabien Brau-Boirie constitue un avantage tactique majeur, qui simplifie la lecture du jeu à ce niveau exigeant.
« Cela facilite plein de choses en termes d’automatismes. J’ai pas mal changé de fois de premier centre en équipe de France. De pouvoir jouer avec Fabien, que je côtoie au quotidien, est évidemment facilitant. Il fait le plus difficile en gagnant tous ses duels, en passant les bras. C’est un pur bonheur, d’autant que c’est un super mec », se réjouit-il.
Interrogé sur la stratégie du sélectionneur qui semble privilégier des paires issues d’un même club, Gailleton reste lucide : « C’est plus le fruit du hasard, des circonstances. Il a quand même sa hiérarchie en tête. La complémentarité d’équipiers en club doit jouer dans le choix du sélectionneur, mais il y a quand même une hiérarchie établie. » Il prévient toutefois que rien n’est figé : « Toutes les cartes sont rebattues à chaque match, Fabien (Galthié) le dit de lui-même. Le fait que beaucoup de joueurs ont accumulé du temps de jeu au poste de n°12 et de 13 peut donner des idées. »
### Pas de complexe avant La Rochelle
Si Émilien Gailleton a savouré le titre samedi soir dans « un moment de joie extraordinaire » dans les vestiaires, son esprit est déjà tourné vers le défi qui attend Pau ce week-end à Marcel-Deflandre face à La Rochelle. Malgré la saison historique réalisée par la Section, le centre garde les pieds sur terre et refuse de s’enflammer malgré la proximité des sommets du classement.
« Collectivement, c’est la première année où on vise vraiment quelque chose avec la Section, c’est forcément beaucoup plus excitant que les années précédentes. On a un bon groupe, qui vit bien », confie-t-il.
Mais il appelle à la prudence : « Ce serait le piège de voir plus loin par rapport à ce qu’on a. Il faut se concentrer sur le top 6, c’est l’objectif premier. On serait déjà très heureux d’être qualifiés, même si on ne cracherait évidemment pas sur la meilleure des places. Il ne faut pas se voir plus beau que ce qu’on est. »







