Malgré un troisième titre sous l’ère Galthié, le XV de France tire la sonnette d’alarme : sa mêlée, pilier traditionnel du rugby français, montre des signes inquiétants de faiblesse.
Dans un entretien sans concession accordé à Midi Olympique ce lundi 23 mars, Fabien Galthié n’a pas caché sa frustration face à ce « point de déséquilibre majeur » qui fragilise les Bleus. Si l’attaque tricolore demeure la référence absolue du Tournoi des Six Nations, leur performance en mêlée fermée atteint un niveau historiquement bas. Face à l’Angleterre, la réussite n’a été que de 57 %.
Le sélectionneur détaille un diagnostic précis : « Je vais vous donner un classement simple. Meilleure attaque de la compétition : la France. En défense, on est troisièmes, à 4,4 points du premier. En mêlée, nous sommes derniers : 1,8 pénalité récupérée sur 10 introductions, contre 6 sur 10 pour les Anglais. Et 42 % de pénalités encaissées sur introduction adverse. C’est un point de déséquilibre majeur. On va travailler dessus, revoir nos méthodes. »
Au-delà de la simple poussée, cette faille en première ligne impacte directement la défense et explique, selon le sélectionneur, la vulnérabilité flagrante des Bleus sur les deux derniers matchs où ils ont encaissé 96 points. « 50 % des essais encaissés viennent d’une pénalité sur mêlée », révèle Galthié. Chaque faute sur regroupement offre à l’adversaire une munition précieuse dans le camp français. « Si c’est nous qui récupérons la pénalité, on va dans le camp adverse et on marque », insiste-t-il, rappelant que la mêlée « se joue à huit, pas seulement avec le pilier droit », même si l’absence d’un joueur clé comme Uini Atonio pèse lourdement.
Ce constat alarmant est partagé par Didier Retière, ancien entraîneur des avants du XV de France. Interrogé par Le Figaro, il alerte sur la nécessité urgente de reconstruire un réservoir solide à ce poste spécifique : « Ça va être une potentielle fragilité sur laquelle nos adversaires vont essayer d’appuyer », prévient-il, soulignant que le temps presse avec moins de deux ans avant la Coupe du Monde.
Pour répondre à ce défi, Fabien Galthié annonce une remise en question profonde : « On va travailler dessus, revoir nos méthodes ». Cette collaboration renforcée avec les clubs de Top 14 sera cruciale pour restaurer la puissance du pack tricolore. Car s’il veut rester parmi l’élite mondiale, le XV de France ne peut plus se permettre d’être le « bon dernier » en mêlée.






