Neuf ans après les faits, le procès en appel de trois anciens joueurs du FC Grenoble s’ouvre ce mercredi 25 mars à Angoulême. Ils sont rejugés pour le viol d’une étudiante dans une chambre d’hôtel de Mérignac, une affaire qui avait défrayé la chronique en 2017.
Lors du premier procès, tenu à Bordeaux en 2024, Denis Coulson et Loïck Jammes avaient été condamnés à 14 ans de réclusion criminelle, tandis que Rory Grice écopait de 12 ans. Deux autres joueurs, condamnés pour non-empêchement de crime, ont choisi de ne pas faire appel et ne sont donc pas concernés par ce nouveau procès.
Le litige reste centré sur la question du consentement. La défense des rugbymen affirme que la relation sexuelle était consentie, soutenant leurs propos avec une vidéo montrant « Elle ne dort absolument pas et est archi active dans le rapport sexuel », selon Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson. Elle conteste également l’expertise évoquant un état de « pilotage automatique » lié à l’ébriété.
La partie civile récuse cette version, décrivant une scène « sordide » où la victime, alors étudiante à Sciences Po, ne pouvait s’opposer. « Notre cliente n’a pas les yeux ouverts, et ne parle pas », affirme Me Grégoire Mouly, avocat de la victime. Une vidéo montrant la jeune femme traînée sur le parking de l’hôtel dans un état de détresse avait lourdement influencé le verdict en première instance.
Valentine, pseudonyme de la victime aujourd’hui âgée de 30 ans et devenue magistrate, a demandé que le procès se déroule à huis clos. Ce choix vise à protéger sa santé mentale et sa carrière professionnelle. Me Gaessy Gros, l’un de ses avocats, souligne que « Il va être difficile de concevoir que deux personnes soient condamnées pour ne pas avoir empêché un crime dont trois autres seraient acquittés ».
Ce huis clos, accordé de droit aux victimes de viol, sera maintenu malgré les réserves de la défense, qui avait demandé un dépaysement du dossier en raison des liens de la victime avec le milieu judiciaire local.
Le procès s’étendra sur huit jours, jusqu’au 3 avril. Les trois accusés prennent un risque important en faisant appel : ils peuvent voir leur condamnation confirmée ou annulée, mais aussi aggravée, avec un risque de peine pouvant atteindre 20 ans de prison ferme.







