Le second acte judiciaire de l’affaire des ex-joueurs du FC Grenoble débute ce mercredi 25 mars à Angoulême. À quelques heures de l’ouverture des audiences, la défense de Rory Grice, l’un des principaux accusés, a annoncé un virage stratégique.
Condamné en première instance à douze ans de réclusion criminelle pour viol, le Néo-Zélandais aborde ce nouveau procès avec une équipe juridique partiellement renouvelée. Maître Denis Fayolle, récemment rejoint la défense aux côtés de maître Fitzgerald, promet une réévaluation complète des éléments du dossier.
« Chaque homme est libre du choix de sa défense. Monsieur Grice a décidé de faire appel aux services de mon cabinet. Je rejoins donc mon confrère maître Fitzgerald, présent depuis le début de cette procédure pour défendre ses intérêts », a-t-il déclaré à Midi Olympique.
L’avocat souligne la complexité du dossier et la partialité des informations diffusées dans la presse : « Lorsque j’ai découvert ce dossier il y a quelques mois, j’ai été assez étonné par son contenu. Je n’y ai pas retrouvé ce qui avait été présenté dans certains extraits de presse. Ces éléments étaient partiels, parfois tronqués, et provenaient clairement d’une seule partie. »
Maître Fayolle critique également le verdict rendu en première instance : « Je n’ai pas compris le verdict rendu par la cour d’assises de Bordeaux, notamment en ce qui concerne monsieur Grice. »
Il regrette par ailleurs que le procès se déroule à huis clos : « J’aurais souhaité que ce procès soit public, car je crois aux vertus de la publicité des débats, y compris en matière de viol. On a pu en voir l’intérêt dans certains procès récents. »
Défendant ardemment son client, l’avocat rappelle le profil de Rory Grice : « Nous parlons d’un homme qui avait 27 ans au moment des faits, qui n’avait jamais eu affaire à la justice et qui présentait d’excellents éléments le concernant. Aujourd’hui, il a 36 ans, neuf années se sont écoulées, et il n’a jamais fait parler de lui autrement que de manière positive, tant sur le plan familial que professionnel. »
Il insiste sur une incohérence flagrante dans le processus judiciaire : « Lorsqu’il a comparu devant la cour d’assises de Bordeaux, il n’avait effectué aucun jour de détention provisoire. Cela signifie que plusieurs magistrats avaient estimé qu’une incarcération n’était pas nécessaire, même à titre provisoire. C’est assez rare en matière criminelle. Et pourtant, à l’issue du procès, des peines importantes ont été prononcées. Il y a là une forme de décalage dans le traitement judiciaire du dossier. »
Sur le plan humain, maître Fayolle rappelle la difficulté de sa situation : « Comment peut-on bien vivre une détention quand on la découvre à 35 ans et que l’on conteste les faits depuis neuf ans ? Personne ne vit bien une incarcération dans de telles conditions. »
Enfin, il annonce les ambitions de cette nouvelle défense : « Nous plaidons pour un homme qui clame son innocence depuis la première heure de sa garde à vue. Nous demanderons donc l’acquittement. Ce n’est pas un dossier caricatural ni manichéen. Le rôle de chacun doit être examiné avec précision. S’agissant de monsieur Grice, il est question de quelques minutes, et ce sont ces éléments précis qui seront au cœur des débats. »







