Le procès en appel des anciens joueurs du FC Grenoble débute sous haute tension
Le procès en appel des anciens rugbymen du FC Grenoble, Denis Coulson, Rory Grice et Loïck Jammes, s’est ouvert ce mercredi 25 mars devant la Cour d’Assises d’Angoulême. Tous avaient été condamnés en première instance pour viol en réunion. Cette première journée d’audience, marquée par un incident de procédure lié à la liste des jurés, s’est prolongée jusqu’à 22 h 30, illustrant la complexité de l’affaire.
Maître Victoria Nauche, avocate de la victime, a décrit l’intensité des débats à Midi Olympique : « Ce fut une journée très longue, mais on s’y attendait un peu. En appel, les débats sont souvent longs et nourris et cet incident de procédure explique le retard pris par l’audience. »
Pour cette nouvelle phase judiciaire, la défense a renforcé ses rangs avec l’arrivée d’avocats réputés, notamment Jean-Yves Le Borgne, preuve de la bataille juridique qui s’annonce.
La défense plaide l’innocence et l’absence de contrainte
L’essentiel de cette première journée a été consacré à l’examen des personnalités, mais les lignes de défense s’affirment clairement. Maître Denis Fayolle, nouvel avocat de Rory Grice, a été limpide : « Nous plaidons pour un homme qui clame son innocence depuis la première heure de sa garde à vue. Nous demanderons donc l’acquittement. Ce n’est pas un dossier caricatural ni manichéen. Le rôle de chacun doit être examiné avec précision. S’agissant de monsieur Grice, il est question de quelques minutes, et ce sont ces éléments précis qui seront au cœur des débats. »
De son côté, Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson, appuie sa stratégie sur l’état d’alcoolémie généralisé de la soirée pour contester toute notion de contrainte : « Tous étaient alcoolisés et ne l’ont jamais contrainte à rien, c’est toute la difficulté du dossier. » La défense met également en avant une vidéo de 55 secondes tournée lors des faits qui montrerait une jeune femme « active et coordonnée », martelant : « Ceci n’est pas l’affaire Pelicot. »
Le huis clos, une mesure contestée
La plaignante, aujourd’hui âgée de 30 ans, a de nouveau obtenu le huis clos afin de préserver son intimité. Si cette mesure vise à la protéger, ses avocats admettent qu’elle pèse aussi sur son moral après neuf années de procédure. « La dizaine de jours qui s’annoncent vont être intenses », a prévenu Maître Gaessy Gros.
L’avocat bordelais n’a pas caché sa lassitude face à ce silence imposé par la loi : « Je vais vous dire les choses franchement. Notre cliente, elle en a marre parce que ça fait 9 ans qu’elle subit cette procédure. Et 9 ans, c’est presque un tiers de sa vie. Elle a 30 ans, notre cliente. » Il ajoute que « ce huis clos protège davantage les accusés que notre cliente du point de vue de l’opinion publique, puisque ça permet également de laisser ce qui se dit dans l’enceinte judiciaire, dans le feutré de cette même enceinte judiciaire et ensuite de dire un petit peu ce qu’on veut dans la presse. »
Une victime confrontée à une épreuve éprouvante
Selon Maître Victoria Nauche, l’enjeu des prochains jours sera de confronter la réalité des faits à la vulnérabilité de sa cliente. « Notre cliente est là, avec nous et on sent que cette audience sera éprouvante pour elle. Cette affaire, c’est quelque chose qui pèse énormément sur son existence. Et dans les jours qui viennent, on va s’y plonger de façon très concrète. »
Le procès devra déterminer si les accusés pouvaient percevoir l’état d’inconscience éventuelle de la jeune femme lors de cette nuit tragique, une question cruciale pour la justice.







